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JO-2020: une médaille d'or puis rien, l'épée française fait le grand écart

 
 

L'épée masculine, arme traditionnellement forte de l'escrime française, termine les Jeux sur un bilan contrasté: Romain Cannone a remporté l'or à la surprise générale, mais l'équipe masculine, titrée à Rio, a terminé vendredi à une décevante cinquième place.

Avec son titre, Cannone est devenu le premier épéiste champion olympique individuel depuis Eric Srecki, en 1992 à Barcelone tandis que l'équipe masculine, sacrée à chaque édition depuis 2004 (l'épreuve par équipes n'était pas au programme à Londres en 2012), a terminé vendredi à la 5e place, en battant l'Ukraine 45 à 39.

A seulement 24 ans, Cannone, l'invité de dernière minute, après avoir appris sa qualification au dernier moment à la suite de l'éviction de l'expérimenté Daniel Jérent pour répondre à une convocation de l'antidopage, aura été l'arbre qui cache la forêt.

Car on attendait le champion du monde 2018 Yannick Borel: celui-ci a été éliminé d'entrée en individuel, tout comme son coéquipier Alexandre Bardenet, et n'a pas su mener son équipe, avec qui il avait remporté le titre olympique à Rio-2016, plus loin que les quarts de finale vendredi.

- "Avertissement" -

"C'est un avertissement à trois ans" des Jeux de Paris en 2024, a admis à l'AFP le directeur des équipes de France, Pierre Guichot. Mais les Jeux ne respectent pas toujours la logique".

Cette cinquième place "n'est pas celle que l'on était venue chercher", même si elle "nous permet de finir la tête plus haute" qu'après l'élimination dès les quarts de finale par des Japonais survoltés (45-44), a soufflé pour sa part Bardenet, qui n'a pas voulu invoquer le manque de rythme ou de repères du fait de la pandémie de Covid-19 qui a gelé les compétitions pendant des mois, "car ça a impacté tout le monde".

"On se sent en dessous de ce qu'on attend de nous, on se sent en dessous de tout", a lâché Borel, qui a prévu de "se réfugier dans le travail, comme d'habitude".

En mars, après le tournoi de Kazan, où les Bleus, N.1 mondiaux, avaient déjà été battus par les Japonais, "on a pris une baffe", a raconté Bardenet: "ça nous a rappelé qu'il fallait rester humbles".

L'éviction de Daniel Jérent, l'un des fers de lance de l'équipe (champion olympique 2016 et champion du monde 2014, 2017 et 2019), n'est pas une excuse non plus, a affirmé Borel.

"Il a fallu gérer, certes, mais on l'a fait ensemble, en équipe, a-t-il affirmé. Ronan (Gustin, le remplaçant, qui a joué le match contre l'Ukraine, NDLR) a prouvé qu'il était compétitif, on a bien fait de miser sur Romain dont on a tous partagé la joie dimanche, mais moi, j'ai manqué de confiance".

- Les Japonais sacrés -

Très attendue du fait de son statut de triple championne olympique, l'équipe français a-t-elle succombé à la pression, à l'atmosphère particulière des Jeux qui en font une compétition à nulle autre pareille ?

"Ce sont les Jeux, c'est compliqué, il peut tout se passer. Regardez nous, ça s'est bien goupillé (l'équipe féminine a remporté la médaille d'argent) mais ça s'est joué à pas grand chose", a tenté de justifier Emeric Clos, l'entraîneur national du fleuret français.

Avant d'ajouter: "Je sais qu'ils n'aiment pas tirer les Japonais", qui de leur côté ont joué crânement leurs chances, alors qu'ils avaient déjà un match déjà dans les pattes, en 16e de finale face aux Etats-Unis.

Et le Japon est allé jusqu'au bout et s'est offert le titre olympique en battant la Russie concourant sous pavillon neutre 45 à 36 alors que les escrimeurs nippons n'étaient jusqu'alors jamais montés sur la première marche du podium d'une grande compétition internationale.


 




 

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