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L'arrestation et la disparition de Maurice Audin durant la guerre d'Algérie

L'arrestation et la disparition de Maurice Audin durant la guerre d'Algérie
Photo non datée de Maurice AudinSTF
histoire

La disparition, après son arrestation, du mathématicien et militant communiste Maurice Audin, en 1957 à Alger, durant la guerre d'Algérie, dans laquelle Emmanuel Macron va reconnaitre la responsabilité de l'Etat, était officiellement restée inexpliquée jusqu'à maintenant.

Le chef de l'Etat va s'exprimer lors d'une visite jeudi midi au domicile de la veuve de Maurice Audin, a déclaré le mathématicien Cédric Villani, député LREM.

Le 11 juin 1957, Maurice Audin, assistant de mathématiques à la faculté d'Alger et membre du Parti communiste algérien, suspecté d'aider le FLN, est arrêté, probablement par des parachutistes du général Jacques Massu, pendant la bataille d'Alger. Sa trace est perdue dix jours plus tard.

Aucune explication officielle n'est donnée sur la disparition de ce père de trois enfants de 25 ans, si ce n'est "son évasion au cours d'un transfert".

Sa femme Josette, convaincue que le jeune mathématicien a été étranglé par un lieutenant parachutiste, dépose plainte contre X pour homicide volontaire à Alger et un comité de soutien se constitue autour d'elle.

Le 2 décembre 1957, Laurent Schwartz, avec qui Maurice Audin devait passer sa thèse, organise la soutenance in abstentia à la Sorbonne. Maurice Audin est alors proclamé docteur es-sciences mathématiques.

Selon le quotidien communiste L'Humanité, Maurice Audin est mort le 21 juin 1957, "à la villa El Biar à Alger, entre les mains d'un tortionnaire, un lieutenant parachutiste de l'armée française, qui l'avait étranglé". "Le tortionnaire a même été fait commandeur de la Légion d'honneur", affirme le journal le 4 décembre 1997.

Dans un livre paru en 1958, "L'Affaire Audin", l'historien Pierre Vidal-Naquet affirme que le jeune mathématicien est mort sous la torture. Dans un autre ouvrage, "La torture dans la République", il souligne que le nom du général Paul Aussaresses "ne figurera guère que dans un seul dossier publié, celui de l'affaire Audin".

Interrogé le 23 novembre 2000 par Le Monde sur les circonstances de la mort de Maurice Audin, le général Aussaresses affirme : "Je ne sais rien pour ce qui est de Maurice Audin. Vraiment rien".

Dans "La vérité sur la mort de Maurice Audin" (Equateurs), paru en janvier 2014, le journaliste Jean-Charles Deniau concluait que Maurice Audin avait été tué par un sous-officier français sur ordre du général Jacques Massu, patron de la 10e division parachutiste (DP) pendant la bataille d'Alger. Un ordre répercuté par Paul Aussaresses.

François Hollande, après avoir décidé l'ouverture des archives concernant l'affaire en 2013, déclare dans un communiqué le 18 juin 2014 : "les documents et les témoignages dont nous disposons aujourd’hui sont suffisamment nombreux et concordants pour infirmer la thèse de l’évasion qui avait été avancée à l’époque. M. Audin ne s’est pas évadé. Il est mort durant sa détention".

En mai 2017, juste après l'élection d'Emmanuel Macron, une quarantaine de personnalités, dont Cédric Villani, lui ont écrit pour l'appeler à faire "la vérité historique" sur l'"assassinat" de Maurice Audin. Cédric Villani et son collègue communiste Sébastien Jumel ont réitéré cette demande en février.

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