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Mission sur les pesticides: déçue sur le glyphosate, Batho démissionne de la vice-présidence

Mission sur les pesticides: déçue sur le glyphosate, Batho démissionne de la vice-présidence
La députée socialiste et ancienne ministre de l'Ecologie Delphine Batho, ici à l'Assemblée le 31 janvier 2018ALAIN JOCARD

La députée socialiste et ancienne ministre de l'Ecologie Delphine Batho, déçue de conclusions "pas à la hauteur" de la mission d'information sur les produits phytosanitaires, a annoncé jeudi sa démission de la vice-présidence.

"Je viens de démissionner de la vice-présidence de la mission d'information sur les produits phyto-pharmaceutiques parce que le projet de rapport ne prône pas la sortie du glyphosate ni même son interdiction dans trois ans, uniquement l'interdiction pour un usage" spécifique, a-t-elle annoncé lors d'une réunion de la commission du Développement durable.

"Continuer comme avant, ce n'est pas à la hauteur, alors que chaque jour apporte son lot de nouvelles études alarmantes sur l'impact des pesticides sur la santé humaine et sur l'effondrement de la biodiversité. C'est aussi très en deçà des engagements du président de la République sur la sortie du glyphosate", a déclaré Mme Batho à l'AFP.

Dans le projet de rapport, elle a également regretté des formulations affirmant par exemple que l'évaluation des effets sur la santé des pesticides restait délicate, ou l'absence de mention de l'affaire des "Monsanto Papers".

Aux yeux de cette vice-présidente du groupe socialiste, le seul point d'avancée dans le rapport est la création d'un fonds d'indemnisation des victimes des produits phytosanitaires, objet d'une proposition de loi PS adoptée début février au Sénat contre l'avis du gouvernement.

En revanche, plaidant pour "l'heure de vérité", Mme Batho a fait adopter via un amendement l’interdiction du glyphosate à compter de juillet 2021, lors de l'examen, pour avis, du projet de loi sur l'agriculture en commission du Développement Durable. La mesure n'est donc pas encore intégrée au projet de loi.

La rapporteure LREM avait initialement objecté que cela allait "peut-être un peu vite par rapport à la démarche du président et du gouvernement de conviction auprès des partenaires". Preuve supplémentaire, selon l'ex-ministre PS, d'une "réécriture en cours de l'engagement présidentiel, une grande tergiversation dans les coulisses du pouvoir".

Un amendement de Matthieu Orphelin (LREM), ancien bras droit de Nicolas Hulot dans sa fondation, pour inclure dans la loi une définition des néonicotinoïdes a également été adopté.

Et la présidente de la commission et ex-secrétaire d'Etat à la Biodiversité Barbara Pompili (LREM, issue des rangs écologistes) a salué ensuite sur Twitter "des avancées en commission sur l’interdiction du glyphosate, la définition des néonicotinoïdes, la formation aux alternatives aux phyto... et vote d’un rapport sur la réparation des personnes victimes des phyto".

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