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Mondiaux de judo: Au bonheur des dames

Merci mesdames ! Porté par ses combattantes en l'absence de Teddy Riner, le judo français, riche de trois médailles d'or, s'offre le luxe de talonner l'incontournable Japon aux Championnats du monde à Tokyo, à un an des JO-2020 dans la capitale nippone.

Elles sont trois - contre quatre pour le Japon - à s'être hissées sur la plus haute marche du podium mondial dans le prestigieux Nippon Budokan, la salle octogonale nichée au cœur de Tokyo qui accueillera les épreuves olympiques de judo l'été prochain (24 juillet-9 août) : Clarisse Agbegnenou (-63 kg) d'abord, devenue la première judoka française couronnée quatre fois, puis Marie-Eve Gahié (-70 kg) et Madeleine Malonga (-78 kg), sacrées pour la première fois.

Complètent la collection tricolore deux médailles de bronze, obtenues par Margaux Pinot (-70 kg) et, côté messieurs, par Axel Clerget (-90 kg).

Le judo français n'avait plus amassé autant d'or depuis les Mondiaux-2011 et ceux de 1997 organisés tous les deux dans son antre de Bercy (4 titres). C'est d'autant plus fort que Riner, son assurance tous risques, double champion olympique en titre des poids lourds et décuple champion du monde, a fait l'impasse sur le rendez-vous tokyoïte, pleinement focalisé sur la grand-messe olympique dans onze mois au pays du judo.

"On a une team de feu !", lançait Malonga à propos du groupe féminin tricolore vendredi.

- "Elles ne trichent pas" -

"Elles ne mentent pas, elles ne trichent pas et elles travaillent dur", résume Larbi Benboudaoud, le responsable des Bleues, qui souligne les vertus de la concurrence interne qui "tire" ses élèves "vers le haut" dans certaines catégories.

"C'est une très, très belle semaine. On ne pouvait pas espérer mieux. Nous avons en plus des cinquièmes places (Clément, Buchard et Cysique ont terminé au pied du podium, ndlr). C'est de bon augure avant les Jeux", estime le Directeur technique national Jean-Claude Senaud auprès de l'AFP.

"Et c'est une équipe jeune, ça laisse présager" de belles choses "jusqu'à Paris-2024", poursuit-il.

La seule Française engagée samedi, Anne-Fatoumata Mbairo (+78 kg), a elle chuté dès son entrée en lice.

Riner absent, il y a eu beaucoup moins d'étincelles côté messieurs.

Comme en 2018, la délégation masculine tricolore a évité le zéro pointé, qu'elle n'a plus connu depuis 1973, grâce à Clerget (32 ans), de nouveau médaillé de bronze.

Mais, comme en 2018, il est le seul des huit combattants français sélectionnés à avoir rallié les quarts de finale, qui ouvrent la voie vers le podium.

"Ce sera peut-être trop court pour l'année prochaine, mais il y quelque chose en train de naître, défend Senaud. C'était bien meilleur que l'année dernière : on perd, mais pas au premier tour, au troisième, ou juste avant les quarts de finale."

- Les Japonais "pas imbattables" -

"Il y a beaucoup de progrès. Ils ont été au bout d'eux-mêmes, il manque encore de l'expérience et de la présence, mais ils sont beaucoup plus engagés. Il y a eu de beaux combats", ajoute-t-il.

Si la France a reconquis le rang de deuxième meilleure nation, qu'elle avait perdu pour la première fois depuis neuf ans en 2018, le Japon s'est lui montré moins impérial qu'à l'accoutumée.

Oui, quinze des dix-huit combattants nippons sont montés sur le podium. Mais quatre seulement ont grimpé sur la plus haute marche, la dernière, Akira Sone, en +78 kg samedi, à 19 ans seulement. Ils étaient sept en 2017 et 2018.

"Nous étions un peu anxieux parce que depuis deux, trois ans, les Japonais dominaient outrageusement, raconte Senaud. Mais il y eu une prise de conscience chez tous les combattants sur le fait que, même chez eux, ils n'étaient pas imbattables, à condition de les attaquer et d'essayer de les perturber."

Le Japon n'en reste pas moins le favori de l'épreuve par équipe mixte qui clôt la compétition tokyoïte dimanche et qui fera son entrée au programme olympique en 2020 : il en a remporté les deux premiers titres mondiaux mis en jeu.

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