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Prélèvement à la source: le Medef ne veut pas que l'entreprise collecte l'impôt

Prélèvement à la source: le Medef ne veut pas que l'entreprise collecte l'impôt
Le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux à sa sortie d'un entretien avec le Premier ministre Edouard Philippe, le 30 août 2018 à ParisBERTRAND GUAY

Le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux a réitéré lundi son opposition à ce que les entreprises collectent l'impôt, dans le cadre de la mise en oeuvre du prélèvement à la source.

"L'impôt contemporain, c'est-à-dire l'impôt que l'on paye la même année que votre revenu, est une bonne chose (...) mais pas en faisant jouer à l'entreprise le rôle de percepteur", a déclaré M. Roux de Bézieux sur franceinfo, arguant que "l'employeur n'a pas à connaître les revenus du foyer fiscal de son employé".

La réforme du prélèvement à la source, prévue fin janvier 2019, doit conduire à ce que l'impôt soit collecté directement sur les salaires ou les pensions, et non plus acquitté un an après comme c'est le cas actuellement. Chez les salariés, l'impôt sera prélevé directement par l'employeur sur la base d'un taux calculé par le fisc.

"Il faut repousser la réforme pour changer le mode de perception de l'impôt, il faut une mensualisation généralisée pour tout le monde" prélevée directement sur le compte bancaire des redevables, a-t-il ajouté, allant dans le sens d'une proposition du président (LR) de la Commission des finances de l'Assemblée Eric Woerth, membre de l'opposition.

Cette déclaration du président du Medef intervient alors que le doute concernant l'application de la réforme, déjà reportée et prévue pour janvier 2019, semble s'installer.

Samedi, Le Parisien affirmait avoir consulté une note du fisc datant de juillet révélant que la phase d'essai de cette réforme, testée auprès de certaines entreprises en vue de son entrée en vigueur, s'était soldée par des centaines de milliers d'erreurs.

Dimanche, la direction générale des finances publiques (DGFip) a toutefois assuré dans un communiqué que "les tests effectués permettent la mise en œuvre du prélèvement à la source dans de bonnes conditions techniques".

Emmanuel Macron a dit jeudi attendre "des réponses précises" avant de "donner une directive finale" sur l'avenir de cette réforme, et une réunion est programmée mardi à l'Elysée, en présence de M. Macron, du Premier ministre Edouard Philippe et de Gérald Darmanin.

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