Premier bilan "encourageant" pour le dédoublement de classes de CP

Premier bilan
Le dédoublement des classes de CP dans les quartiers défavorisés, vanté par le gouvernement comme une mesure de "justice sociale" et globalement bien reçu par les enseignants, livre des résultats "enPHILIPPE DESMAZES
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Le dédoublement des classes de CP dans les quartiers défavorisés, vanté par le gouvernement comme une mesure de "justice sociale" et globalement bien reçu par les enseignants, livre des résultats "encourageants", selon une première évaluation du ministère.

Cette mesure-phare du ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer, promesse de campagne d'Emmanuel Macron, consiste à baisser à une douzaine d'élèves au maximum les effectifs des classes de CP et de CE1 dans ces quartiers, pour permettre un enseignement plus progressif et personnalisé.

Elle a d'abord concerné, à la rentrée 2017, 2.200 classes de CP de quartiers très défavorisés (dits REP+), avant d'être étendue en septembre à 3.200 classes de CP de quartiers défavorisés (REP) et 1.500 classes de CE1 en REP+.

A la rentrée prochaine, elle touchera tous les CE1 de REP+ et de REP et bénéficiera ainsi à 300.000 élèves, soit 20% d'une classe d'âge.

Publiée mercredi, une évaluation du dispositif par la DEPP, l'agence des statistiques du ministère, montre un "effet statistiquement très significatif".

La DEPP a comparé deux groupes d'élèves (15.000 au total, dans 408 écoles): l'un rassemblant des élèves de REP+ dans des classes ayant été dédoublées, l'autre des élèves aux profils sociaux proches de ceux de REP+ mais n'ayant pas bénéficié de la mesure.

Il ressort de cette étude que le dispositif a permis une "baisse de la proportion d’élèves en très grande difficulté de 7,8% pour le français et de 12,5% en mathématiques".

Ainsi, au terme de la première année, "sur les 24.000 élèves en très grande difficulté, il y a 2.000 élèves de moins en très grande difficulté en français et 3.000 élèves de moins en très grande difficulté en mathématiques".

"Ces résultats sont très encourageants pour une première année et pour une politique menée à si grande échelle", a commenté Fabienne Rosenwald, la directrice de la DEPP, en présentant ces résultats.

- "Pas une recette miracle" -

Ils "sont clairement dans le bas de la fourchette de ceux constatés dans d'autres pays qui ont mis en œuvre de telles mesures", réagit Marc Gurgand, coauteur d'une note de l'Institut des politiques publiques (IPP), parue en septembre 2017 sur le sujet ("La taille des classes influence-t-elle la réussite scolaire ?").

"Mais ils sont déjà significatifs. Il est rare qu'on trouve des effets de cet ordre de grandeur pour des politiques scolaires menées à si grande échelle", poursuit le chercheur, interrogé par l'AFP.

Si la mesure a un impact sur les compétences des élèves, elle influe aussi sur le climat des classes. "98% des professeurs disent qu'ils ont pu beaucoup mieux évaluer les difficultés des élèves et donc les aider à progresser", s'est félicité Jean-Michel Blanquer.

Les enseignants voient en effet d'un bon œil l'opportunité d'enseigner en effectifs réduits, à l'instar de Claire Alanore, professeure en REP+ à Dreux (Eure-et-Loir), qui a expérimenté la mesure l'an dernier avec une classe de CP.

"Avec de plus petites classes, on connaît mieux nos élèves et on peut leur apporter plus d'attention", juge-t-elle. Attention, "ce n'est pas une recette miracle, qui permet d'apprendre mieux ou plus tôt à lire, mais simplement de le faire dans des conditions plus sereines", poursuit-elle.

Les enseignants ont pu bénéficier de formations spécifiques et ont été particulièrement accompagnés.

Pour être pleinement efficace, le dédoublement des classes doit s'accompagner d'une "transformation en profondeur des pratiques pédagogiques", insiste en effet l'enquête de la DEPP.

Reste à savoir si les effets bénéfiques se poursuivront sur le long terme. De nouvelles évaluations de la DEPP sont d'ores et déjà programmées.

Quant à la perspective d'une généralisation des dédoublements des classes de CP et CE1 à toute la France, évoquée la semaine dernière par Emmanuel Macron, elle n'est pour le moment pas à l'ordre du jour: "Dans la durée, on doit se fixer des objectifs de ce type", a simplement dit mercredi Jean-Michel Blanquer.

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