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Urios: "Je sais que j'ai pris la bonne décision, j'en suis certain"

Urios:
Le manager de Castres Christophe Urios supervise une séance d'entraînement de son équipe à Saix, près de Castres, le 29 mai 2018REMY GABALDA

Sacré champion de France en juin dernier, le manager général de Castres, Christophe Urios, s'est longuement confié à l'AFP sur son choix de quitter le CO à l'issue de la saison de Top 14 qui démarre dimanche, avec un déplacement à Montpellier.

Question: Vous êtes resté huit ans à Oyonnax mais vous avez décidé de ne pas aller au-delà de vos quatre années de contrat à Castres. Pourquoi ?

Réponse: "J’ai passé le double de temps à Oyonnax mais nous sommes partis de deux fois plus loin! Dans les deux cas, j'ai l'impression d'être arrivé au bout du challenge que je m'étais fixé. Ici, à Castres, nous nous sommes qualifiés trois fois de suite dans le Top 6, le groupe a été rajeuni et il y a un vrai état d'esprit de travail qui a été installé."

Q: On évoque aussi certaines garanties que vous n'auriez pas obtenues de la part de Pierre-Yves Revol, votre président...

R: "J'avais demandé des garanties pour que le club continue d'avancer et le président m'a donné des réponses positives. Mais je pense que c'est le titre qui m'a fait basculer. Je me suis dit: +mais qu'est-ce que tu vas faire maintenant ?+ J'ai ressenti ce sentiment du devoir accompli, d'avoir fait le job quoi!"

Q: C'est donc plus une envie d'ailleurs, d'autre chose ?

R: "J'ai cinquante balais (52 ans, ndlr), une dizaine d'années de coaching devant moi et il me reste trois projets à mener à bien en quelque sorte. Oui, j'avais envie de voir autre chose, d'évoluer dans un autre contexte. Je sais que j'ai pris la bonne décision, j'en suis certain maintenant."

Q: Avez-vous des pistes pour l'après-Castres ?

R: "Non, je n'ai rien de concret. L'équipe de France, je n'ai jamais dit que j'étais candidat ou autre chose du genre. Même ma famille se pose des questions mais ils ont confiance en moi (sourire)."

Q: Entraîner un groupe que vous avez façonné alors que l'on sait que l'on va le quitter à la fin de l'exercice, c'est un challenge supplémentaire ?

R: "J'ai fait ce choix de partir, je suis un homme de conviction, et on va aborder cette saison avec le même état d'esprit, la même volonté et les mêmes ambitions. Et j'ai bien prévenu les gars, que jusqu'à la fin de la saison, c'est toujours moi le patron du sportif!"

Q: Démarrer avec le statut de champion, ça change quoi pour une équipe qui a parfaitement endossé ces dernières saisons le costume d'outsider ?

R: "D'abord ce titre ne doit pas être un fardeau. On doit l'assumer. On repart de zéro et on doit se remettre au boulot tout simplement dans un environnement de plus en plus concurrentiel. Même avec ce titre, le CO demeure un outsider. Si à un moment donné, au CO, on se croit meilleur que les autres on aura tout faux. Non, nous, notre force, ce n'est pas le rugby, même si on sait jouer hein! Notre point fort, c'est l'état d'esprit, cette culture du travail. Ce sont des notions importantes ici à Castres, dans cette petite ville d'un rugby de territoire."

Q: Comment jugez-vous ce groupe qui va devoir défendre son titre ?

R: "J'ai la faiblesse de penser qu'il est sensiblement plus fort que les précédents. Aux joueurs de le prouver! Il a de l'expérience, du vécu, des bases solides aussi. Mais après, le juge de paix c'est le terrain et on va bien voir! En tous les cas, nous sommes plus costauds devant, avec le recrutement, nous avons gagné en densité, en puissance. Nous aurons davantage de solutions pour les rotations en troisième ligne. Derrière, Yann David (en provenance de Toulouse, ndlr) va nous amener cette puissance qui nous a parfois manqué. Ce groupe, il correspond à ce que je veux: un tiers de joueurs confirmés, un tiers de jeunes et un tiers de joueurs revanchards comme Spedding ou Gérondeau par exemple".

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