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Voici où le faux docteur Romand s'installera après 26 ans derrière les barreaux

Voici où le faux docteur Romand s'installera après 26 ans derrière les barreaux
©Belga

L'abbaye de Fontgombault (Indre) où Jean-Claude Romand, le faux médecin condamné à perpétuité pour un quintuple assassinat s'installera après 26 ans derrière les barreaux, est occupé par des moines bénédictins vivant en quasi-autarcie.

Entourée de verdure et de jardins, cette imposante bâtisse, construite à la fin du XIe siècle et installée dans la vallée de la Creuse à une soixantaine de kilomètres de Châteauroux, abrite 60 moines bénédictins de la Congrégation Saint Pierre de Solesmes, dont deux sont élus au conseil municipal.

Le cardinal allemand Joseph Ratzinger, futur Benoît XVI, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi s'y est arrêté en juillet 2001, à l'occasion des journées liturgiques de Fontgombault.

Le lieu est aussi connu pour avoir abrité dans les années 1970 l'ancien chef de la milice lyonnaise, Paul Touvier (1915-1996), condamné pour crimes contre l'humanité en 1994 et qui avait bénéficié de refuges procurés par une chaîne de protection au sein de l'Eglise catholique.

La devise de cette abbaye d'architecture romane est "Fons Amoris" (Fontaine d'amour) et la messe y est célébrée en latin et chantée en grégorien.

Elle accueille des personnes souhaitant passer une retraite spirituelle, des hommes mais aussi des femmes et des familles, "profitant des offices monastiques et du silence des lieux", lit-on sur le site internet de la commune.

Les moines, reconnaissables à leur robe de bure noire, y vivent en quasi-autarcie et pratiquent l'artisanat - poterie, émaux, icônes - mais aussi l'élevage, l'agriculture, l'arboriculture et le maraîchage.

Placé sous le régime de la liberté conditionnelle, sur décision de la Cour d'appel de Bourges, le 25 avril, Jean-Claude Romand devra porter dans l'abbaye un bracelet électronique.

Bastion catholique, le village de Fontgombault et ses 249 habitants vit dans l'ombre de l'abbaye et sa vie politique, a ces dernières années été fortement marquée par la présence de ses moines au conseil municipal.

La commune a fait l'objet d'une vive controverse il y a six ans quand le village s'est déchiré sur la question du mariage gay, après les propos homophobes de son maire Jacques Tissier en 2012.

Le 24 octobre 2013, une délibération votée en conseil municipal annonçait que celui-ci démissionnerait en bloc si un couple homosexuel voulait s'unir à Fontgombault. Le texte avait été annulé par le tribunal administratif de Limoges l'année suivante.

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