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"Ni soumis, ni humilié": les membres des polices communautaires du sud du Mexique

A Tlacotepec, dans le sud du Mexique, des dizaines de civils armés inspectent un secteur montagneux pour empêcher l'intrusion du "crime organisé".

Dans cet Etat de Guerrero, l'un des plus violents du pays, 2.318 homicides ont été recensés en 2017 selon des chiffres officiels.

Sous une chaleur étouffante, les membres de cette police communautaire de Tlacotepec rejoignent en cet après-midi de mars d'autres groupes d'autodéfense des villages avoisinants pour une démonstration de force.

Dans ce secteur, seuls deux policiers municipaux sont visibles. Ils ne sont pas armés.

Ces groupes d'autodéfense sont apparus il y a plus de six ans dans cette région comme dans l'Etat voisin du Michoacan pour officiellement se protéger des groupes criminels.

"Ils me verront peut-être mort, mais jamais soumis ou humilié", peut-on lire sur certaines tenues de ces hommes armés, une phrase attribuée à Heliodoro Castillo (1887-1917), un militaire et héros local qui a participé à la Révolution mexicaine.

Plusieurs de ces hommes racontent qu'un de leurs proches a été assassiné ou victime d'une extorsion, ce qui les a poussés à prendre les armes pour se défendre.

"Dieu donne raison à ceux qui luttent pour quelque chose de juste" clame pendant le rassemblement l'un des chefs, déclenchant les applaudissements de ses hommes.

Mais la ligne qui sépare ces polices communautaires des trafiquants de drogue est floue, voire inexistante : beaucoup de leurs membres admettent se consacrer à la culture illégale du pavot à opium, qui permet de fabriquer l'héroïne.

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