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Angleterre: les All Blacks au pire moment

Quatre ans que l'Angleterre du rugby attendait ça: en plein doute, le XV de la Rose va devoir affronter samedi à Twickenham les impressionnants All Blacks, pour la première fois depuis 2014.

Lors de leur dernière visite, les Néo-Zélandais, pas encore doubles champions du monde, s'étaient imposés dans le même stade londonien, pour la cinquième fois de suite (24-21). Il faut remonter à 2012 pour trouver une victoire anglaise contre les All Blacks (38-21).

Samedi, les hommes en noir seront à nouveau favoris après leur démonstration contre le Japon (69-31) et surtout un Rugby Championship remporté pour la troisième année consécutive, malgré une contestation de plus en plus importante de l'Afrique du Sud.

Pas assez pour départir Steve Hansen de son habituelle humilité: "L'Angleterre chez elle, c'est toujours un énorme défi pour quiconque", a déclaré le sélectionneur. "Pour le relever, devant 80.000 spectateurs, nous devrons élever l'intensité de notre jeu à un niveau encore plus haut".

Sauf qu'en face, les Anglais sont en proie au doute après une année 2018 au maigre bilan de quatre succès en neuf matches. Et ce n'est pas forcément la victoire étriquée contre les Springboks samedi (12-11) qui aura permis de rassurer l'entraîneur Eddie Jones.

- La discipline en question -

Les Anglais n'ont pas mis les pieds ou presque dans les 22 mètres sud-africains, s'imposant grâce à quatre pénalités lointaines, une mêlée maline et de la chance, à l'image de ce poteau de Handré Pollard sur la tentative de la gagne des Boks et ce plaquage haut non sifflé d'Owen Farrell après la sirène.

Pour le reste, l'Angleterre, pourtant bâtie pour la vitesse, a été bien décevante.

"La victoire fait que tout le monde se sent un peu mieux", a commenté Jones. "Si vous perdez un match comme ça, c'est plus difficile de récupérer les joueurs. La confiance que vous obtenez en gagnant ces matchs serrés est énorme. C'est ça qui est important pour nous."

Le technicien australien sait que l'Angleterre, amoindrie par les blessures (les frères Vunipola, Robshaw, Launchbury), a bien peu de chances contre la superbe machine huilée et rajeunie de l'hémisphère sud (39 points en moyenne par match en 2018, jamais moins de 26).

Plusieurs secteurs restent en effet en chantier à un an de la Coupe du monde au Japon. Il faudra réussir à lancer les flèches Jack Nowell et Jonny May, peu alimentées samedi dernier par les centres Henry Slade et Ben Te'o. Il faudra trouver la bonne carburation dans une troisième ligne décimée, qui a encore perdu un joueur cette semaine (Sam Curry). Il faudra surtout régler le problème de discipline qui n'en finit plus de faire boiter le XV de la Rose.

Constamment pénalisée samedi (11), l'Angleterre n'a cessé de reculer contre l'Afrique du Sud. Lors de sa tournée chez les mêmes Boks en juin, elle ne s'est imposée que quand elle a su rester sage (6 pénalités concédées au Cap), et s'est inclinée quand elle a perdu son calme (12 et 13 à Johannesburg et Bloemfontein).

Heureusement, l'Angleterre défend comme si sa vie en dépendait depuis l'arrivée du spécialiste John Mitchell, en remplacement de Paul Gustard. Ce qui ne sera assurément pas de trop face aux All Blacks.

Les XV de départ

Angleterre: Daly - Ashton, H. Slade, Te'o, May - (o) O. Farrell (co-cap.), (m) B. Youngs - Underhill, M. Wilson, Shields - Kruis, Itoje - Sinckler, Hartley (co-cap.), Moon

Nouvelle-Zélande: McKenzie - B. Smith, Goodhue, S.B. Williams, Ioane - (o) B. Barrett, (m) A. Smith - A. Savea, Read (cap.), Squire - B. Retallick, S. Whitelock - O. Franks, C. Taylor, Tu'inukuafe

Remplaçants

Angleterre: George, Hepburn, H. Williams, Ewels, Lawes, Care, Ford, Nowell

Nouvelle-Zélande: Coles, Tuungafasi, Laulala, S. Barrett, Todd, Perenara, Mo'unga, Crotty

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