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Après avoir défié les États-Unis pendant près de 50 ans, Fidel Castro est décédé

 
 

Le père de la Révolution cubaine Fidel Castro est décédé vendredi soir à La Havane à l'âge de 90 ans, a annoncé son frère Raul, qui lui a définitivement succédé au pouvoir en 2008.

"Le commandant en chef de la Révolution cubaine est décédé à 22h29 ce soir" (04h29 heure belge ce samedi), a annoncé Raul Castro en lisant une déclaration sur l'antenne de la télévision nationale. "Conformément à la volonté exprimée par le camarade Fidel, sa dépouille sera incinérée dans les premières heures" de la journée de samedi, a ajouté Raul Castro.

Le conseil d'Etat a décrété dans un bref communiqué "neuf jours de deuil national", de ce samedi 26 novembre au dimanche 4 décembre. Seront notamment interrompus "toutes les activités et spectacles publics", précise l'organe suprême de l'exécutif cubain. Les funérailles de Fidel Castro auront lieu le 4 décembre à Santiago de Cuba. D'ici là, une procession avec les cendres de l'ex-président traversera le pays pendant quatre jours.

L'ex-président cubain avait totalement disparu des écrans cubains entre février 2014 et avril 2015, ce qui avait alimenté de nombreuses rumeurs sur son état de santé. Mais depuis un an et demi, même si ses déplacements restaient limités, il avait recommencé à publier des "réflexions" et s'était remis à recevoir chez lui personnalités et dignitaires étrangers.

Une vie privée très discrète

Fils d'un propriétaire terrien d'origine espagnol, Fidel Alejandro Castro Ruz est né le 13 août 1926 à Biran dans la province d'Oriente (est). Élevé chez les jésuites, il est diplômé de la faculté de droit de l'université de La Havane.

Le "Lider maximo" a toujours maintenu secrète sa vie privée. Sa compagne Dalia Soto del Valle, qui partageait sa vie depuis les années 1960 et lui a donné cinq fils, devrait assister aux obsèques de celui qui a eu au moins trois autres enfants - dont une fille vivant à Miami - avec trois autres femmes.


Une page se tourne pour Cuba

Le "Lider Maximo", qui a tenu son île d'une main de fer depuis la révolution de 1959 et défié la superpuissance américaine pendant plus d'un demi-siècle, avait définitivement cédé le pouvoir à son frère Raul en 2008 après une hémorragie intestinale survenue en 2006. Il avait abandonné en avril 2011 ses dernières responsabilités officielles, en cédant son poste de premier secrétaire du Parti communiste de Cuba (PCC) à Raul, numéro deux du parti depuis sa fondation en 1965.

Raul, âgé de 85 ans depuis le 3 juin, a engagé depuis 10 ans un lent processus de "défidélisation" du régime, défini en avril 2011 par l'adoption lors d'un congrès historique du PCC d'un ensemble de mesures économiques destinées à sauver Cuba de la faillite. Il a également orchestré dans l'ombre un rapprochement historique annoncé mi-décembre avec les États-Unis, révélant un pragmatisme qui tranche avec l'anti-américanisme viscéral de son aîné.

"Avec la mort de Fidel la situation politique et économique devrait s'ouvrir. Cela va retirer un poids à Raul. Il n'aura plus besoin de s'inquiéter de contredire son grand frère, une personnalité énorme", juge pour l'AFP Michael Shifter, président du centre de réflexion américain Inter-American Dialogue.




 

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