En ce moment
 
 

Barrage effondré au Laos: toujours des milliers de déplacés un an après (rapport)

Barrage effondré au Laos: toujours des milliers de déplacés un an après (rapport)
Un village inondé au Laos après l'effondrement d'un barrage, près de Sanamxai dans la province d'Attapeu le 26 juillet 2018NHAC NGUYEN

Des milliers de déplacés vivent toujours dans des camps au Laos, un an après l'effondrement meurtrier d'un barrage, selon un rapport de plusieurs ONG publié mardi.

Le Laos, pays communiste très fermé, mise depuis une dizaine d'années sur le développement de nombreux barrages hydroélectriques pour satisfaire les appétits de ses voisins notamment la Chine, le Vietnam et la Thaïlande. Mais les experts questionnent régulièrement la sécurité de ces barrages.

Le 23 juillet 2018, un barrage auxiliaire s'était effondré dans la province d'Attapeu, dans le sud du pays, libérant 500 millions de tonnes d'eau qui se sont déversées sur sept villages. Les inondations ont touché aussi le Cambodge voisin.

Selon les estimations de plusieurs ONG environnementales dans leur rapport présenté mardi par International Rivers, la catastrophe a fait 71 morts. Le bilan officiel est d'au moins 35 morts.

Pour International Rivers, il faut tirer les leçons du désastre alors que des centaines d'autres barrages sont prévus au Laos et dans les pays riverains du Mékong.

"Les avertissements répétés des scientifiques, des habitants et de la société civile ont été ignorés pendant trop longtemps", a déploré Maureen Harris d'International Rivers.

Des dégâts causés par des pluies très abondantes avaient été repérés sur la structure plusieurs jours avant son effondrement, sans qu'aucune évacuation préventive soit ordonnée.

Selon le rapport, 5.000 personnes vivent encore "dans la précarité" des camps. Le rapport appelle les entreprises impliquées dans la construction de la structure à indemniser les familles des victimes pour compléter les aides gouvernementales qu'elles ont reçues.

Un responsable du constructeur sud-coréen SK E&C, impliqué dans le consortium à l'origine de ce projet d'un milliard de dollars, Xe Pian Xe Namnoy, a assuré à l'AFP être "prêt à coopérer activement" une fois connues les conclusions de l'enquête menée par le gouvernement laotien.

Le Premier ministre du Laos, Thongloun Sisoulith, a déclaré l'an dernier que le pays allait poursuivre sa stratégie énergétique tout en intensifiant la surveillance. Le projet de Xe Pian Xe Namnoy devrait commencer à fournir de l'électricité dans l'année, exportée à 90% vers la Thaïlande, le reste devant être distribué sur le réseau local.

Vos commentaires