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Les Bolsonaristes saluent l'arrivée au pouvoir du "Mythe"

"Le capitaine est arrivé", s'écrient plusieurs centaines de milliers de partisans du nouveau président d'extrême droite du Brésil Jair Bolsonaro, massés mardi à Brasilia pour l'investiture de celui qu'ils surnomment "le Mythe".

"Le Mythe c'est quelqu'un que nous n'avons jamais vu dans l'Histoire du Brésil. Comme lui, je place la patrie, la famille et Dieu avant tout", affirme à l'AFP Vandelice Morais, une enseignante noire de 67 ans, venue avec un groupe de 35 bolsonaristes fervents de l'Etat de Bahia (nord-est).

"Nous avons donné une voix à ceux qui n'en avaient pas", a lancé Jair Bolsonaro, 63 ans, lors de son vibrant discours depuis le Palais de Planalto, où il a reçu l'écharpe présidentielle des mains de son prédécesseur Michel Temer.

Une fois ceint de l'écharpe jaune et verte, il a montré du doigt l'écusson représentant les 27 Etats du Brésil, puis l'a pointé vers la foule, une façon d'être proche du peuple.

Malgré les mesures de sécurité drastiques qui ont encadré cette cérémonie, le nouveau président a tenu à défiler dans une vénérable Rolls-Royce décapotable, comme le veut la tradition, saluant la foule debout à l'arrière du véhicule.

Venus de tout le pays, vêtus la plupart de jaune et de vert, ils ont dû braver en début de matinée une pluie fine et s'équiper de capes de pluie, pour le bonheur des nombreux vendeurs ambulants ravis de voir les parapluies interdits, sécurité oblige.

Vraiment pas de quoi décourager Zé Ivan, un petit entrepreneur de l'Etat du Para (nord), venu dès le matin prendre position sur l'emblématique esplanade des Ministères de Brasilia, où ont eu lieu les cérémonies de l'investiture.

"Nous comptons sur lui pour libérer le Brésil du joug des criminels: aujourd'hui, les criminels sont plus libres de circuler armés que les gens bien qui respectent la loi", assure-t-il, alors que Bolsonaro a promis de libéraliser rapidement le port d'arme.

- "Un tournant" -

Mauro Penna, un enseignant de 36 ans venu également du nord du Brésil, porte un tee-shirt avec un logo NYPD de la police de New York et un blouson avec celui de la Nasa.

Il est satisfait de la position pro-américaine de Jair Bolsonaro, qui a donné tous les signaux qu'il marcherait dans les pas du président Donald Trump: rejet du multilatéralisme, des régimes cubain et vénézuélien, climato-scepticisme et liens privilégiés avec Israël.

"Cette investiture est un tournant, nous sommes très optimistes, cette fois notre pays va changer", assure-t-il, alors que M. Bolsonaro a dû en grande partie son élection facile, en octobre dernier, à un rejet brutal de la classe politique traditionnelle jugée corrompue et incompétente.

"Nous comptons sur lui pour éradiquer la criminalité et prendre des mesures libérales pour l'économie", explique-t-il.

"Nous savons que Bolsonaro ne va pas faire de miracles, que tout ne va pas changer de jour au lendemain, mais nous croyons au changement", a renchéri Sonia Eloa, enseignante à la retraite.

Un peu plus loin, un homme distribue des tracts d'une église disant: "Que Dieu vous bénisse, vous et votre famille". Le soutien des Eglises protestantes évangéliques a été déterminant dans la victoire de M. Bolsonaro.

Mais il a su aussi séduire la jeunesse. A 17 ans, Igor Freitas, venu de Belém, dans l'Etat du Para, a voté pour la première fois.

Il porte un tee-shirt noir et un bandeau jaune dans les cheveux avec "Bolsonaro" écrit dessus.

"Les gouvernements d'avant faisaient tous la même chose et on voit ce que ça a donné. Au moins Bolsonaro a une posture totalement différente. Et si ça marchait?", demande-t-il.

Sur l'immense pelouse près de l'Esplanade, un groupe de Bolsonaristes pose pour les photographes avec un grand drapeau d'Israël -- dont le Premier ministre Benjamin Netanyahu est l'un des rares dirigeants étrangers présents à l'intronisation du président Bolsonaro.

Dominant le paysage sous le ciel plombé de Brasilia, apparaît une énorme effigie gonflable de celui dans lequel une majorité de Brésiliens a placé tous ses espoirs: un Jair Bolsonaro souriant, ceint de l'écharpe présidentielle jaune et verte et faisant le signe de la victoire.

Une victoire que quasiment aucun analyste politique n'aurait prédite il y a seulement six mois.

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