L'emploi privé est resté au beau fixe en 2017

L'emploi du secteur privé reste robuste: les entreprises françaises ont créé plus de 250.000 postes salariés en 2017, année qui a vu la construction repasser dans le vert pour la première fois depuis 2008.

La tendance ne faiblit pas. L'année s'est conclue avec 53.300 créations de postes (+0,3%) au 4e trimestre, soit le neuvième trimestre consécutif à 50.000 ou plus. Résultat : en 2017, les effectifs du secteur privé ont augmenté de 253.500 postes (+1,3%), pour atteindre, en fin d'année, un record de 19,27 millions de salariés.

Ces chiffres témoignent même d'une légère accélération du marché de l'emploi, après 234.500 créations en 2016 et 129.700 en 2015. La France avait détruit des emplois de 2012 à 2014.

Comme les années précédentes, les services marchands, et dans une moindre mesure l'intérim, ont été les locomotives de l'emploi privé.

Le tertiaire marchand a créé, hors intérim, 178.000 postes sur l'année (+1,6%), tandis que l'intérim en a créé 45.500 (+6,6%). Avec 734.400 postes, l'intérim a atteint un record fin 2017.

Mais l'événement le plus notable de l'année 2017 s'est produit dans la construction. Le secteur, qui a détruit près de 200.000 postes depuis la crise de 2008, a connu sa première année positive en neuf ans. Les chantiers ont créé l'année dernière, hors intérim, 21.300 postes (+1,6%). Ils retrouvent des effectifs comparables à ceux de mi-2015.

L'industrie, en revanche, n'a pas été à pareille fête. Les usines ont perdu 10.100 postes (-0,3%) en 2017. Elles n'ont plus enregistré de créations nettes d'emplois depuis l'an 2000, voyant même disparaître sur la période près d'un million de postes, soit un quart de leurs effectifs.

Seul signe positif, les destructions ont tout de même ralenti.

- Offres non pourvues -

L'agriculture (+5.800, +2,0%) et les services non marchands (+12.900, +0,5%) ont, eux, vu leurs effectifs salariés augmenter l'année dernière.

Mais pour les services non marchands, l'année s'est tout de même terminée par une baisse au 4e trimestre (-5.000, -0,2%), alors que le secteur est touché par une baisse drastique des prescriptions de contrats aidés depuis l'été.

Au total, tous secteurs confondus, la hausse de l'emploi a été plus forte que l'augmentation attendue de la population active. Dans sa note de conjoncture publiée en décembre, l'Insee s'attendait à voir affluer 21.000 actifs au 4e trimestre, 128.000 sur l'ensemble de l'année.

Cela constitue un bon présage en vue de la publication, jeudi, du taux de chômage à fin 2017.

Au 3e trimestre, l'indicateur s'élevait à 9,7% de la population active en France entière, en baisse de 0,3 point depuis début 2017. L'Insee voit le taux redescendre à 9,5% fin 2017, puis à 9,4% mi-2018.

Pôle emploi, de son côté, a déjà publié ses chiffres pour 2017. Sur un an, 15.700 chômeurs (-0,5%) ont quitté les listes de l'opérateur en métropole.

Si, pour l'heure, la baisse du chômage reste limitée, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a indiqué lundi qu'elle s'attendait à une baisse sensible et "durable" du taux de chômage "vers la fin de l'année et surtout en 2019", grâce aux réformes structurelles engagées par le gouvernement. En octobre, le président Emmanuel Macron plaçait, lui, cet horizon dans "un an et demi, deux ans".

Mme Pénicaud a mis l'accent sur le plan d'investissement sur les "compétences", alors que Pôle emploi estimait en décembre qu'en 2017, entre 200.000 et 330.000 offres étaient restées non pourvues "faute de candidat".

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