La "colère" de l'alpiniste Elisabeth Revol contre la lenteur des secours

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Elisabeth Revol lors d'une conférence de presse à Chamonix, le 7 février 2018JEAN-PHILIPPE KSIAZEK

L'alpiniste française Elisabeth Revol a exprimé, mercredi à Chamonix, sa "colère" contre la lenteur des secours, difficiles à organiser au Pakistan, qui n'ont pas permis de sauver son compagnon de cordée polonais Tomasz Mackiewicz, mort au Nanga Parbat.

"J'ai beaucoup de colère, on aurait pu sauver +Tomek+ si ça avait été un réel secours, pris à temps et organisé", a déclaré la rescapée de la "montagne tueuse" (8.126 m) lors d'une conférence de presse, dix jours après son sauvetage in extremis par une équipe d'himalayistes polonais.

Dans l'Himalaya et a fortiori en hiver, "le temps est précieux", "c'est une course contre la montre" une fois qu'a été lancé le message de détresse, a rappelé la jeune femme de 37 ans, les traits tirés. Elle est soignée intensivement à l'hôpital de Sallanches (Haute-Savoie) pour tenter d'éviter une amputation, notamment de son pied gauche, le plus atteint par les engelures.

A partir du 25 janvier, 23H10 heure pakistanaise, quand Elisabeth Revol envoie son SOS à son ami et routeur Ludovic Giambiasi, à son mari Jean-Christophe et à la femme de Tomek, Anna, une centaine de messages seront échangés - et certains perdus en route - avant que l'appareil GPS de la Française s'éteigne. L'alpiniste ne sera tenue au courant que de l'essentiel, les consignes à suivre en fonction de son état et de la progression des secours.

Des secours qui ont rencontré "des freins et des problèmes", a déploré Ludovic Giambiasi, qui a coordonné les bonnes volontés depuis Gap.

Parmi les plus regrettables, selon lui, il y a eu des "mensonges de certains Pakistanais" sur la "disponibilité, la réservation et les capacités des hélicoptères" à monter ou non chercher Tomek à plus de 7.000 m d'altitude, puis à chercher Elisabeth Revol, descendue par ses propres moyens jusqu'à 6.300 m.

Sans compter la surenchère sur les prix, "partis de 15.000 dollars et montés à 40.000" pour finalement être exigés "+on the table+, en cash sur la table", a dénoncé M. Giambiasi.

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