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Législatives en Corée du Nord: participation de 99,99%, selon KCNA

Législatives en Corée du Nord: participation de 99,99%, selon KCNA
Le quotidien Rodong Sinmun, montrant le leader nord-coréen Kim Jong Un votant aux législatives, est affiché dans le métro de Pyongyang, le 11 mars 2019Ed JONES

La participation aux législatives en Corée du Nord, durant lesquelles les électeurs ne pouvaient voter le week-end dernier que pour un candidat unique, a grimpé à 99,99%, un score qui améliore les 99,97% recensés au scrutin précédent, selon la presse officielle.

Le Parti des travailleurs de Corée, présidé par Kim Jong-un, dirige d'une main de fer la République populaire démocratique de Corée (RPDC), nom officiel du pays doté de l'arme nucléaire.

Tous les cinq ans, des millions d'électeurs sont invités à désigner les membres de l'Assemblée suprême du peuple (ASP), le Parlement nord-coréen.

Il n'y a qu'un seul candidat par circonscription, dûment approuvé au préalable, si bien que le résultat ne fait jamais de doute.

Cette année, le taux de participation a frôlé les 100%, seuls les électeurs "se trouvant à l'étranger ou travaillant en mer" n'ayant pu prendre part au vote, a précisé l'agence officielle KCNA.

Comme en 2014, chacun des 687 candidats a obtenu 100% des voix.

"Tous les électeurs ont participé comme un seul homme à ce scrutin qui cimente le pouvoir d'un peuple aussi solide qu'un roc", a salué KCNA, qui cite un rapport du Comité électoral central.

"Cent pour cent d'entre eux ont voté en faveur des candidats à la députation à l'ASP enregistrés dans les circonscriptions pertinentes".

Une liste précise des candidats n'était pas disponible. Mais la télévision officielle nord-coréenne a lu les noms des élus et d'après le ministère sud-coréen de l'Unification, qui est chargé des relations avec le Nord, le nom de Kim Jong-un n'y figurait pas.

En 2014, le dirigeant suprême de la RPDC avait été élu avec 100% des voix dans la circonscription du Mont Paektu, un volcan à la frontière chinoise révéré comme le berceau mythique du peuple coréen.

Cette absence apparente laisse "perplexe" les analystes.

"C'est dur à dire avec certitude mais peut-être que Kim a calculé que le pays aurait l'air plus normal s'il n'avait pas le titre supplémentaire de député alors qu'il est déjà à la plus haute fonction", explique Lim Eul-chul, professeur d'études nord-coréennes à l'Université Kyungnam.

Kim Jong-un préside également la Commission des Affaires d'Etat, le premier organe de l'Etat. Mais son défunt grand-père Kim Il-sung -- fondateur de la RPDC -- reste président éternel de la Corée du Nord malgré son décès en 1994.

En revanche, la soeur et proche collaboratrice de Kim Jong-un, Kim Yo-jong figure parmi les nouveaux élus, selon l'agence sud-coréenne Yonhap.

En l'absence totale de compétition électorale, les analystes estiment que l'exercice tient lieu de rite qui permet aux autorités de revendiquer un mandat populaire.

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