En ce moment
 
 

Mondiaux d'athlétisme: Diniz, gare au coup de chaud

Mondiaux d'athlétisme: Diniz, gare au coup de chaud
Yohann Diniz lancé vers sa victoire sur 50 km marche lors des Mondiaux de Londres, le 13 août 2017Daniel LEAL-OLIVAS

Dans la fournaise de Doha, le tenant du titre Yohann Diniz est le grand favori du 50 km marche des Mondiaux samedi mais la course risque de se transformer en une immense loterie en raison des conditions climatiques extrêmes qui exaspèrent déjà le Français.

Sur le papier, le recordman du monde (3h32:33) est le mieux placé pour se succéder à lui-même au palmarès et apporter une première médaille d'or dans la corbeille des Bleus.

Mais les températures caniculaires rebattent forcément les cartes et rendent tout pronostic aléatoire. Les organisateurs ont programmé le départ de la course à 23h30 locales pour éviter au maximum les fortes chaleurs. Pourtant, le thermomètre devrait approcher les 30 degrés avec un très fort taux d'humidité (près de 75%). Autant d'éléments qui rendent l'issue de l'épreuve incertaine et augmentent encore plus les risques pour les concurrents d'une épreuve déjà très exigeante.

Alors que la grande majorité des athlètes bénéficieront de la climatisation mise en place au Khalifa stadium, les courses sur route (marathon, marche) vont subir de plein fouet la touffeur qatarie. De quoi mettre en rogne Diniz, arrivé à Doha avec le meilleur chrono de l'année (3 h 37 min 43 sec en Lituanie en mai). A la veille de se lancer dans un défi physique qui promet d'être hors-normes, le marcheur de 41 ans n'a ainsi pas hésité à dire le fond de sa pensée en poussant un énorme coup de gueule contre l'organisation de ces Championnats du monde dans le petit émirat gazier.

- "On nous prend pour des cons" -

"Ce sont des conditions, pffff... Je suis un peu dépité, a-t-il lâché vendredi. Je suis arrivé ici en très grande forme mais il y a plein de choses qui m'interpellent. Tous les athlètes vont prendre le départ mais en ce qui concerne le hors-stade, on nous prend pour des cons. Je suis énervé. Autant dans le stade, on aura des conditions normales, entre 24 et 25 degrés, mais en dehors on nous met dans une fournaise qui n'est pas possible. Là, on est pris pour des cobayes".

"On a eu un questionnaire pour voir comment on allait se comporter face à la chaleur et l'humidité, si on pouvait prendre une capsule pour voir comment on allait réagir face à la thermo-régulation. Mais sur cette compétition, le hors-stade, le marathon et la marche, n'a pas été considéré. Ca me fait chier et je regrette d'être là. On va commencer et finir dans des conditions dantesques", a-t-il ajouté.

Difficile donc pour le Français d'élaborer une quelconque tactique. Celle-ci pourrait se résumer en un mot: survivre.

- "Loto" -

"Demain, ça va être du loto, des petites boules qui vont tomber une par une et ce sera la dernière qui tombera qui gagnera. Il n'y a aucune stratégie demain. La stratégie, ce sera de partir avec tout le monde, il n'y aura rien à faire à part suivre et essayer de résister aux conditions climatiques", a expliqué Diniz, en lice pour un doublé seulement réussi par le quadruple champion olympique et triple médaillé d'or mondial Robert Korzeniowski en 2001 et 2003.

"L'objectif sera en particulier de trouver la meilleure cadence, de voir où se situe l'adversité et de ramasser les plus téméraires. Ceux qui vont gagner ne seront peut-être pas les meilleurs physiquement mais ceux qui se seront adaptés à ces changements", assure également le médecin de l'équipe de France Jean-Michel Serra.

En prévision de la course prévue en nocturne et pour rester le moins possible sous le cagnard de Doha, le natif d'Epernay a d'ailleurs décidé d'arriver au tout dernier moment au Qatar (jeudi) et de tenter ce qu'il appelle un "one-shot". Le marcheur français n'a pas oublié sa terrible mésaventure des JO-2016 à Rio et les ennuis intestinaux qui lui avaient coûté le titre olympique, le seul qui manque à son palmarès. Pas question donc de quitter Reims et de sacrifier la dernière ligne droite de sa préparation pour une hypothétique acclimatation aux conditions de Doha qu'il juge de toutes façons impossible. Place désormais à la loterie.

Vos commentaires