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Un ultra-nationaliste, qui projetait de tirer sur Emmanuel Macron en 2017, renvoyé en correctionnel

Un ultra-nationaliste, qui projetait de tirer sur Emmanuel Macron en 2017, renvoyé en correctionnel
Un policier devant la page d'accueil du site Pharos (Plateforme d'Harmonisation, d'Analyse, de Recoupement et d'Orientation des Signalements), le 23 janvier 2018 à LillePHILIPPE HUGUEN

Un ultra-nationaliste arrêté en 2017 et qui avait déclaré vouloir tirer, notamment, sur Emmanuel Macron lors du défilé du 14-Juillet, a été renvoyé fin juin devant le tribunal correctionnel de Paris, a-t-on appris mardi de source judiciaire, confirmant une information du Parisien.

L'homme de 25 ans, qui présente des troubles de la personnalité et est actuellement détenu, doit être jugé dans quelques mois pour "entreprise individuelle terroriste", conformément aux réquisitions du parquet.

Repéré quand il cherchait à se procurer une arme sur un site de jeux vidéo, il avait déclaré "de manière vague" vouloir s'en prendre au président ainsi qu'aux "musulmans, juifs, noirs, homosexuels", selon des sources concordantes.

Il avait été interpellé à son domicile le 28 juin 2017 à Argenteuil (Val-d'Oise), après les signalements de plusieurs internautes sur la plateforme de signalement des contenus ilicites Pharos.

Trois couteaux de cuisine avaient été retrouvés dans son véhicule. L'exploitation de son ordinateur avait révélé des recherches sur internet concernant des cibles potentielles, d'après une source proche de l'enquête.

Le jeune homme était connu de la justice: en 2016, il avait été condamné à trois ans de prison dont 18 mois avec sursis et mise à l'épreuve pour provocation à la haine raciale et apologie du terrorisme après avoir vanté les actes d'Anders Behring Breivik, l'auteur de l'attentat du 22 juillet 2011 en Norvège (77 morts).

Ce projet du jeune homme avait ravivé le souvenir du 14 juillet 2002, lorsque Maxime Brunerie, militant d'extrême-droite de 25 ans, avait tenté d'atteindre le président Jacques Chirac avec un fusil 22 long rifle dissimulé dans un étui à guitare. Le tir avait été dévié par un spectateur.

L'homme a été condamné en décembre 2004 à dix ans de réclusion criminelle. Il a été libéré en août 2009.

L'"entreprise individuelle terroriste" est un délit peu fréquent, qui a été créé par la loi en 2014 afin de poursuivre les "loups solitaires", c'est-à-dire des suspects sans complicité ni lien avec une quelconque organisation.

Elle a notamment été utilisée dans l'enquête sur l'attentat sur les Champs-Elysées du 20 avril 2017, lorsque Karim Cheurfi, un repris de justice, avait tué le policier Xavier Jugelé avant d'être abattu.

Alain Feuillerat, un ancien militaire de 34 ans, converti à l'islam et radicalisé, a été mis en examen pour ce délit en mai 2017, après son interpellation en bordure de la base aérienne d'Evreux, en possession d'armes et de munitions et portant un insigne du groupe Etat islamique (EI). L'information judiciaire est toujours en cours.

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