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Washington évoque aide économique et garanties si Pyongyang abandonne ses armes nucléaires

Washington évoque aide économique et garanties si Pyongyang abandonne ses armes nucléaires
Combinaison de photos, Donald Trump à gauche le 28 avril 2018 dans le Michigan et Kim Jong Un à gauche, photo officielle publiée par l'agence de presse nord-coréenne KCNA le 21 avril 2018. Mandel Ngan, -

Les Etats-Unis se sont montrés prêts vendredi à offrir à la Corée du Nord une aide économique et des "garanties" si elle s'engageait dans une "dénucléarisation rapide" et "complète" lors du sommet historique du 12 juin.

De retour de Pyongyang où il a de rencontré Kim Jong Un avec lequel il s'était déjà entretenu un mois plus tôt en tant que directeur de la CIA, le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a évoqué des discussions "bonnes" et "chaleureuses".

Les deux hommes ont préparé la toute première rencontre entre un président des Etats-Unis en exercice, Donald Trump, et un dirigeant nord-coréen, Kim Jong Un, prévue dans un mois à Singapour.

Mike Pompeo a répété, à l'instar de son homologue sud-coréenne Kang Kyung-wha qu'il recevait à Washington, sa demande d'une "dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible" de la péninsule coréenne.

"Je pense qu'il y a un accord total sur ce que sont les objectifs ultimes", a assuré le ministre américain, au coeur d'une valse diplomatique avant ce sommet qui suscite d'énormes attentes après des mois d'escalade ponctuée de tirs de missiles et d'essais nucléaires nord-coréens mais aussi d'échanges d'invectives entre Donald Trump et Kim Jong Un.

"Si la Corée du Nord prend des mesures courageuses pour une dénucléarisation rapide, les Etats-Unis sont prêts à travailler avec la Corée du Nord pour l'amener au même niveau de prospérité que nos amis sud-coréens", a-t-il dit.

Alors que la Corée du Sud a connu un miracle économique dans les années 1960-70, tournant la page des ravages de la guerre de Corée (1950-53), son voisin reclus est lui soumis à la "pression maximale" voulue par Washington, mélange de sanctions internationales draconiennes, d'isolement diplomatique et de menaces militaires.

Mike Pompeo a expliqué avoir discuté avec le numéro un de Pyongyang des "décisions stratégiques" qu'il "devra prendre", "s'il est disposé à une dénucléarisation complète, en échange des garanties que nous sommes prêts à lui apporter".

Il n'en a pas dit davantage sur ces contreparties mais les responsables américains assurent régulièrement refuser tout donnant-donnant "par étapes", décidés à ne par répéter les "erreurs du passé" et les accords sans lendemain pour mettre fin aux ambitions atomiques nord-coréennes.

- Semaines "cruciales" -

Kim Jong Un a récemment estimé que la dénucléarisation pouvait se "concrétiser", "tant que les différentes parties abandonnent leur politique hostile et les menaces" à l'encontre de son régime. Le président chinois Xi Jinping, qu'il venait de rencontrer, a ensuite demandé à son homologue américain de prendre en compte les "préoccupations de sécurité raisonnables" des Nord-Coréens.

Après avoir fixé la date et un lieu neutre pour le sommet et après avoir obtenu la libération de trois Américains détenus par la Corée du Nord, ramenés cette semaine par Mike Pompeo, les diplomates américains s'attèlent donc à définir l'ordre du jour.

Le chef de la diplomatie américaine en a discuté avec Kang Kyung-wha, en prévision de la visite à la Maison Blanche le 22 mai du président sud-coréen Moon Jae-in, personnellement très investi et qui a lui-même rencontré Kim Jong Un fin avril.

"Les toutes prochaines semaines vont être cruciales et vont nécessiter une coordination très étroite entre nos deux pays", a déclaré la ministre sud-coréenne.

La détente actuelle est d'autant plus spectaculaire que le régime de Kim Jong Un a jusque-là fait de l'obtention de l'arme atomique une assurance-vie non négociable.

Tous les acteurs parlent-ils donc de la même "dénucléarisation"? Cette question sera au coeur des contacts diplomatiques d'ici le 12 juin, puis du sommet lui-même.

"Il y a actuellement deux discussions différentes en parallèle", souligne Abraham Denmark du groupe de réflexion Wilson Center à Washington: "Celles sur la paix", menées par Séoul, sur le rapprochement entre le Nord et le Sud, et "celles sur la dénucléarisation, menées par les Etats-Unis".

Or, "la dénucléarisation est un processus très complexe" qui "prendra beaucoup de temps", et "il y a donc un danger de voir les discussions sur la paix aller plus vite que celles sur la dénucléarisation", expliquait-il dans un récent échange avec des journalistes.

"Cela peut donner à la Corée du Nord l'occasion de semer la discorde entre la Corée du Sud et les Etats-Unis", prévenait-il, car Séoul fera peut-être pression pour assouplir la pression sur Pyongyang avant que Washington n'ait atteint ses objectifs.

Pas question de commencer à lever les sanctions avant des "mesures plus concrètes" vers les démantèlement du programme nucléaire nord-coréen, a assuré vendredi Kang Kyung-wha, affirmant qu'il n'y avait "aucune divergence" avec les Etats-Unis.

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