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La direction de Caterpillar s'explique: "On n'a pas le choix" (vidéos)

 
 

La direction de Caterpillar Belgium a annoncé jeudi matin, au cours d'un conseil d'entreprise extraordinaire, son intention de se séparer de quelque 1.400 travailleurs sur son site de Gosselies (Charleroi). Ces suppressions d'emplois se situent dans le cadre plus large d'un plan industriel qui vise à recentrer vers le marché européen l'activité du site et à assurer sa viabilité pour les prochaines années, a assuré au cours d'une conférence de presse Nicolas Polutnik, l'administrateur délégué de Caterpillar Belgium.

"L’environnement dans lequel évolue Caterpillar Gosselies a changé au cours des dernières années" a expliqué l'entreprise Caterpillar via un communiqué de presse justifiant la suppression de 1400 emplois.

Explication 1: mauvaise santé économique de l'Europe

"A l’heure actuelle, l’usine fabrique principalement des machines destinées à l’Europe, un marché où les perspectives de croissance sont limitées et où le ralentissement économique qui persiste depuis plusieurs années déjà met sous pression l’industrie dans laquelle elle est active.

Explication 2: les normes environnementales européennes

De plus, les normes environnementales s’appliquent différemment d’une région du monde à l’autre. Par conséquent, la nécessité de produire des machines respectant ces différentes normes rendrait les activités de l’usine beaucoup plus complexes. Caterpillar est également confrontée à de nouveaux concurrents, qui cherchent à envahir le marché européen à partir de pays à faibles coûts.

Explication 3: ça coûte cher de produireà Gosselies...

Plus fondamentalement, la structure de coûts de Caterpillar Gosselies est trop élevée. En effet, à l’heure actuelle, il serait moins coûteux d’importer des machines en Europe depuis d’autres usines du groupe que de les fabriquer à Gosselies.

La combinaison de tous ces éléments a un impact significatif sur la compétitivité et la viabilité de l’usine. Caterpillar Gosselies doit donc prendre des mesures indispensables pour redevenir compétitive et rester viable à long terme.

Le plan industriel proposé repose sur 3 priorités:

1. Moderniser l’usine et investir dans des outils de production plus performants

2. Simplifier les activités en se spécialisant dans les opérations les plus compétitives

3. Adapter l’organisation de la production et du travail pour améliorer l’efficacité.

Restructurer pour survivre

"Les mesures proposées ont pour objectif de donner au site de Gosselies une chance d’exister dans le futur en la positionnant comme la source de production incontournable pour les machines destinées à l’Europe. Bien que douloureuses, ces mesures sont néanmoins indispensables pour nous permettre de renouer avec la compétitivité et donner une chance d’avenir à notre usine", déclare Nicolas Polutnik, Administrateur délégué de Caterpillar Belgium S.A. En collaboration avec les représentants du personnel, la Direction a entamé la phase d’information et de consultation prévue par la "Loi Renault". Elle mettra tout en oeuvre pour que les discussions se déroulent de la meilleure façon possible, dans un esprit d’ouverture et de transparence.

Début imminent d'un dialogue social avec les syndicats

"Nous sommes pleinement conscients de l'impact et de l’émotion que cette annonce d’intention pourra avoir sur notre personnel et sur leurs familles. Nous nous engageons à tout mettre en oeuvre pour réduire la période d’incertitude en entamant, immédiatement, un dialogue constructif avec les représentants du personnel", ajoute Nicolas Polutnik. Au cours des 5 dernières années, l’entreprise a investi plus de 210 millions d’euros dans l’usine de Gosselies et souhaite poursuivre les investissements dans le cadre du plan industriel proposé. Cependant, des mesures plus structurelles pour relever les défis de coûts sont absolument nécessaires pour donner une chance au site de Gosselies d’exister à long terme.


 




 

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