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L’acro-yoga débarque en Belgique: notre journaliste a participé à une séance où on vous apprend à "voler" (vidéo)

Cette nouvelle discipline "fun" et relaxante compte de plus en d’adeptes. Nous l’avons testée à Bruxelles, dans un cours organisé par un des premiers professeurs d’acro-yoga en Belgique.

Tout le monde connait plus ou moins le yoga. Cette pratique née en Inde il y a environ 4.000 ans compte aujourd’hui des millions d’adeptes en Occident. Mais avez-vous déjà entendu parler de l’acro-yoga ? Cette discipline, créée en 2003 par une professeure de yoga et un ancien champion de gymnastique acrobatique, mêle yoga, acrobatie et massage. Elle est actuellement en plein essor. Des stars, comme Lena Dunham et Giselle Bundchen, postent des photos d’acro-yoga sur les réseaux sociaux. En Belgique, les premiers cours ont débuté cette année et de nombreux curieux viennent tenter l’expérience.
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Nous avons rencontré Bart Adins, un des premiers professeurs d’Acro-yoga du pays. Ce Flamand de 26 ans donne des cours d’acro-yoga depuis quelques mois à Bruxelles, Gand et Anvers. Licencié de psychologie, détenteur d’un master en sport, Bart a découvert cette discipline en Inde alors qu’il était parti pour suivre une formation de yoga. Une pratique "sérieuse", explique-t-il. "Le yoga, c’est l’intérieur, la spiritualité, la respiration… Alors on avait envie de faire quelque chose de différent, ensemble après les cours." L’acro-yoga était donc une activité idéale pour s’extérioriser, créer des liens dans le groupe d’élèves. Bart y a d’ailleurs rencontré sa petite amie, Christina, avec laquelle il organise aujourd’hui ses ateliers d’acro-yoga.

Nous avons participé à une séance organisée au Studio Joji à Saint Gilles. Un lundi, à 20h45, Bart et Christina y recevaient une dizaine d’élèves, tous débutants. Ce soir-là, il n’y avait que des femmes, quelques-unes déjà adeptes du yoga. Le cours était donné en anglais, mais la langue n’est pas une barrière dans cette activité où l’on observe, reproduit des mouvements et communique beaucoup avec des gestes. La séance a débuté avec quelques échauffements, respirations, puis des étirements qui incitent à chercher le contact avec les autres, à prendre en compte leur présence.



Une nouvelle forme de yoga avec des acrobaties qui se pratiquent à plusieurs

A la différence du traditionnel yoga, l’acro-yoga est une pratique de groupe dans laquelle l’esprit d’équipe est essentiel. L’exercice "standing in the mud" (debout dans la gadoue) est à cet égard significatif: le groupe forme un cercle autour d’une personne qui est invitée à se figer et à se laisser tomber de part et d’autres, les yeux fermés. Autour, les participants empêchent sa chute et repoussent son corps dans une autre direction. Tout le monde y est passé, certains avec plus d’appréhensions que d’autres, à l’instar de cette élève qui, passée en dernier, a exigé que le cercle se resserre très, très proche autour d’elle. Ses craintes se sont vite dissipées, laissant place au rire. "Le fun est très important", souligne d’ailleurs Bart. On a pu le vérifié tout au long de la séance.

Après ces échauffements, une certaine cohésion de groupe s’est installée et Bart et Christina nous ont invités à rentrer dans le vif du sujet : les acrobaties. Elles impliquent trois rôles : 

- la base : cette personne est couchée sur le sol, les jambes et les bras levés. C’est elle qui soutient le voltigeur en plaçant ses pieds et ses mains à des points bien précis en fonction de la figure à réaliser; 

- le voltigeur (flyer) : soulevé par la base, il cherche la bonne position. Si la fluidité des mouvements n’est pas au rendez-vous dès le premier coup, il faut la garder en ligne de mire. Souplesse, équilibre et confiance sont les mots d’ordre de ce rôle, qui par ailleurs sollicite beaucoup les muscles abdominaux;

- le gardien (spotter) : il surveille le voltigeur et place ses mains de manière à le rattraper s’il perd l’équilibre. De plus, il peut donner des consignes, diriger la base et le voltigeur dans l’exécution de l’acrobatie.


Dans le cadre de nos exercices, chacun a pu pratiquer les trois rôles sans problème. Une personne de petite taille est moins adaptée à un voltigeur de grande taille, mais les acrobaties restent possibles. "On essaye de faire tous les rôles, mais après quelques temps, les gens se spécialisent, note Bart. Les plus grands se spécialisent généralement au sol."


Des poses acrobatiques pas si difficiles à réaliser

Bart et Christina nous ont montré une première pose à réaliser, intitulée "The chair" (la chaise). Si nous n’avons pas exécuté la figure avec la même grâce que nos professeurs, chacun a réussi cette acrobatie avec plus ou moins de difficulté. "Le pied un peu plus à droite", "Tend tes bras", "Pousse sur tes jambes", les trois personnes impliquées y sont toutes allées de leurs consignes pour parvenir à la figure. "C’est un défi de communication", insiste d’ailleurs notre professeur. 

Pour la deuxième figure à réaliser, "The high flying whale", les participants ont changé de groupe. Forts de leur première expérience, certains se sont amusés à faire bouger, "voler", leur voltigeur en l’air. Les "flyers" été invités à fermer leurs yeux, faisant ainsi une totale confiance en leurs partenaires et profitant d’une agréable sensation de flottement. "La confiance en l’autre est un aspect central de l’acro-yoga", précise Bart. Aucune chute n’a eu lieu.

Les choses se sont un peu corsées quand nous avons dû enchainer ces deux positions. Une bonne concentration est indispensable pour se souvenir de la suite des mouvements. Mais bien guidés par nos professeurs, nous avons tous réussi ces exercices, souvent à notre grande surprise. "Quand j’ai vu les figures en vidéo, ça me semblait impossible", a d’ailleurs commenté une participante à l’issue de ce défi. "Les gens sont étonnés de la vitesse à laquelle ils peuvent apprendre les positions de base", constate Bart.

Les participants ravis de l’expérience

En principe, une séance d’acro-yoga comprend aussi une partie dédiée au massage thaï. Cela n’a pas été le cas pour ce cours où les professeurs ont souhaité mettre l’accent sur l’aspect acrobatique de leur discipline. Pour clore la séance, nos hôtes nous ont invités à nous installer en tailleur, en cercle. Chacun a été convié à échanger un regard avec les autres participants, puis à s’exprimer sur son expérience. L’une a noté les différences avec le cours de la semaine passée, l’autre a regretté ne pouvoir venir plus souvent à ce cours trop loin de chez elle.

J’ai pris acte de ma grande rigidité au niveau des jambes et Bart m’a donné un dernier conseil pour améliorer ma posture. Tout cela s’est terminé par quelques respirations profondes et des remerciements chaleureux. Après une heure de trente de cours, un lien perceptible s’était créé entre les participants. Je ne sais pas si tous comptent revenir la semaine prochaine, persévérer pour devenir des pros de l’acro-yoga, mais je suis sûr que tout le monde s’est bien amusé ce soir-là. Et nul doute que les mouvements appris aujourd’hui égaieront quelques pic-nics à la plage et autres après-midi au parc.

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