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Olivier, atteint de Parkinson, réalise un incroyable exploit sportif: "Même en me pinçant, je n'arrivais pas y croire"

 
 

"Je fais du sport comme je me brosse les dents." D'emblée Olivier, donne le ton. Cet habitant de Genval nous a contactés via le bouton orange Alertez-nous pour évoquer le véritable exploit qu'il vient de réaliser. À 51 ans et atteint de la maladie de Parkinson, Olivier est venu à bout d'un triathlon. Une discipline d'une extrême difficulté pour tout un chacun, mais encore plus lorsqu'on est atteint d'une maladie dégénérative comme Parkinson. "Le but n'est pas de me vanter à tout va de ce que j'ai fait, mais de faire passer un message aux personnes qui ont besoin de cela. Il y a moyen de faire quelque chose, sinon ça n'a pas de sens."

Une préparation stoppée net

Aussi loin qu'Olivier puisse sonder sa mémoire, il a toujours fait du sport. De base, il est un adepte de la course à pied. Mais au fil des années, il se tourne vers le triathlon. La discipline regroupe de la natation, de la course à pied et du cyclisme. Et comme l'appétit vient en mangeant, il y a quelques années, notre alerteur se donne pour objectif de venir à bout d'un Ironman: 3,8 km de natation, 180 km de vélo et 42 km de course à pied. "Au fur et à mesure du temps, je ne progresse plus et pire, je régresse. Pas question de participer à un Ironman dans ces conditions. Je ne comprends pas ce qui m'arrive. Les médecins cherchent : cardio impeccable, corps en parfait état. Et puis un jour, le diagnostic tombe : je me bats probablement sans le savoir depuis des années contre Parkinson."

Je me suis dit qu'il y avait une lumière: le sport

La nouvelle fait l'effet d'une bombe. Cette maladie dégénérative d cerveau impacte directement son physique. Raideurs, lenteurs et crampes font désormais partie intégrante de son quotidien. Mais en se renseignant sur Parkinson, Olivier note un détail important : "Je me suis dit qu'il y avait une lumière: le sport." L'activité physique ralentirait l'évolution de la maladie : "Ca ne soigne pas mais ca fait en sorte qu'on puisse vivre sa maladie au quotidien pratiquement comme une personne normale."

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Et à force de détermination et d'entrainements acharnés, Olivier a atteint cet été son objectif. Non seulement, il a participé à une course Ironman au Danemark mais en plus il en est venu à bout en un point moins de 15 heures. Un exploit quand l'impact de la maladie sur la mobilité. "J’ai tellement attendu, rêvé que même en me pinçant, je n'arrivais pas y croire. Je me doutais bien que j’avais réussi mais le sentiment était mitigé car je n’arrivais pas à me rendre compte que j’avais réussi."

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L'exploit est hors norme pour Gianni Franco, neurologue: "C'est assez éblouissant, car très honnêtement moi-même, je ne saurais pas le faire. Vraiment chapeau, extraordinaire! Cette performance va certainement l'aider à réduire l'évolution de sa maladie", estime-t-il.

Les études scientifiques le prouvent. Faire du sport augmente la connexion entre les neurones et réduit donc la progression de la maladie. Le docteur Gianni Franco développe : "Les activités physiques répétées et adaptées aux personnes, vont augmenter les performances et réduire les symptômes parkinsoniens. Ce sont les symptômes moteurs comme non-moteurs. Ça va améliorer la qualité de vie en général.

Gianni Franco est également le président de l'association Parkinson. L'asbl promeut de nombreuses activités physiques et encourage ses membres à la pratique. De son côté, Olivier refuse tout superlatif, ce qu'il veut, c'est transmettre un message d'espoir et motiver certains: "Même si on sait que par la suite, ca ne va pas bien se terminer, entre-temps il y a plein de choses à faire et de vivre plus ou moins normalement."


 

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