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Prunier en fleur et cueillette de framboises en décembre: la nature est-elle complètement déréglée?

Prunier en fleur et cueillette de framboises en décembre: la nature est-elle complètement déréglée?
Photo envoyée par Ali
 

Nous connaissons des journées plutôt douces pour ce début de mois de décembre. Ali et Louis ont constaté les effets de ce climat sur la nature. Un prunier en fleur, un framboisier qui donne encore des fruits: tout cela est plutôt rare en décembre, mais pas inquiétant pour les plantes en question, selon la botaniste que nous avons contactée.

"Incroyable, le 6 décembre 2015 un arbre en fleurs dans mon village", nous écrit Ali depuis Wonck, dans l’entité de Bassenge en région liégeoise. Sur la photo qu’il nous a envoyée via la page Alertez-nous, la branche d’un arbre en fleur, il s’agirait d’un prunier. Ils fleurissent normalement au printemps, et même si certaines variétés sont plus précoces, décembre, c’est tôt pour une floraison, estime Sophie Pittoors, responsable des Espaces botaniques universitaires de Liège (ULg).

A Bierset, en région liégeoise, ce mardi, l'IRM a relevé près de 11 degrés. D'après Ali, il en faisait 15 lorsqu'il a pris la photo dimanche. "Cela peut s’expliquer par le fait que les températures étaient plus hautes que la moyenne. La température n’est pas le seul facteur externe. Il y a aussi la photopériode, la durée de la journée. C’est le principal signal pour les plantes. Chez certaines espèces, l’un est prépondérant par rapport à l’autre", explique la botaniste. 


Cueillir des framboises en décembre

De son côté, Louis nous a envoyé une photo des framboises qu’il a pu cueillir chez lui à Froidmont, dans l’entité de Tournai, ce mardi 8 décembre. De beaux fruits bien rouges qu’on cueille généralement plus tôt dans l’année. Voilà qui est assez exceptionnel.



En principe, la floraison débute au printemps. "Le framboisier a fleuri plus longtemps que d’habitude, et les insectes sont aussi restés plus longtemps que d’habitude et ont pu polliniser les fleurs". Même si ces fruits sont tardifs, ils sont parfaitement comestibles, mais peut-être moins chargés en sucre puisqu’ils ont moins profité de l’ensoleillement.

Normalement, à cette période, les plantes sont habituées à une période de repos. Avant cela, les espèces vont déjà produire les bourgeons. Ce sont ces bourgeons qui vont être en "dormance" durant l’hiver. "Ils sont protégés par des petites écailles et un revêtement collant. Cela les protège du froid".


Nos arbres ont l'habitude

Mais si la plante reçoit un signal contraire, il peut y avoir une montée de sève qui va "réveiller les bourgeons". En principe, cette montée de sève est censée marquer la fin de l'état de dormance. "S’il y a une montée de sève, puis un gros coup de froid, cela peut être délicat pour les jeunes arbres, mais les arbres de nos vergers ont déjà vécu pas mal d’années, ils sont habitués à ce genre de situation".

Par ailleurs, toutes les espèces originaires de nos terres sont adaptées au gel. L’un des principaux mécanismes, c’est la perte des feuilles (on dit d'un arbre qu'il est "caduc" s'il perd ses feuilles en automne et en hiver). "Les feuilles servent non seulement à la photosynthèse, mais aussi à la respiration. Or la respiration fait perdre de l’eau. A une période où il y a moins d’eau disponible car elle a tendance à geler, perdre ses feuilles permet de limiter la perte d’eau". C’est en revanche plus compliqué pour les plantes ornementales, à tendance méditerranéenne, qui sont habituées à résister à un gel plus faible, explique Sophie Pittoors.

 

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