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Au Met, une Amérique sous toutes ses coutures

Au Met, une Amérique sous toutes ses coutures
Une salle de l'exposition "En Amérique: un lexique de la mode", le 13 septembre au Metropolitan museum de New YorkTIMOTHY A. CLARY
 
 

Comment raconter la mode américaine? Comme un patchwork d'émotions, répond le Metropolitan museum de New York (Met), qui rend hommage à la diversité et à l'inventivité des créateurs des Etats-Unis dans un avant-goût de la traditionnelle rétrospective du "Costume Institute".

En raison de la pandémie de coronavirus, le musée avait dû renoncer au printemps dernier, pour la deuxième année consécutive, à son exposition sur la mode qui va toujours de pair avec le gala du Met, rendez-vous new-yorkais mondain par excellence se tenant sous la houlette de la prêtresse de la mode Anna Wintour.

Organisé justement pour financer le "Costume Institute", le gala du Met est aussi l'occasion pour les grandes marques de la mode d'habiller les stars qui se pressent sur le tapis rouge.

Avec un "dress code" toujours lié à l'exposition.

Le gala et l'exposition sont en principe lancés le premier lundi de mai, mais pour ne pas attendre le printemps prochain, le calendrier a été bousculé: le gala a lieu lundi soir et l'exposition "En Amérique: un lexique de la mode" s'ouvre le 18 septembre.

Cette dernière se veut un premier chapitre d'une anthologie plus large attendue au printemps 2022.

A travers une centaine de pièces, des années 1940 à nos jours, le commissaire du "Costume Institute", Andrew Bolton, a voulu casser l'image d'une mode américaine essentiellement "sportswear", définie par "son côté pratique, sa fonctionnalité ou l'égalitarisme", explique-t-il à l'AFP. "Et souvent, il n'y a aucun vocabulaire émotionnel", plus volontiers associé à la mode européenne, comme la haute couture en France, ajoute-t-il.

Le résultat est un patchwork, à travers 12 grandes familles d'émotions, de la nostalgie à la conscience, de la confiance à la force, du plaisir à la joie.

A certains vêtements sont accolés des mots plus adéquats: "liberté" pour la fameuse robe portefeuille de Diane von Fürstenberg (née à Bruxelles mais longtemps établie à New York), "exubérance" pour cette robe à carreaux rouge, taille cintrée puis très volumineuse de Christopher John Rogers, "espièglerie" pour cette tunique tout en boutons de Jeremy Scott.

On y trouve aussi les célèbres créateurs Tom Ford, Marc Jacobs et Ralph Lauren, mais aussi des marques récentes ou avant-gardistes comme threeASFOUR, Collina Strada ou Imitation of Christ.

"Il y a cent définitions de ce qu'est la mode américaine", conclut Andrew Bolton, même s'il perçoit aujourd'hui un secteur "sous l'impulsion de jeunes créateurs qui s'engagent sur des questions profondément politiques et éthiques".


 




 

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