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Fabrice Collignon fête ses 20 ans de petits matins sur Bel RTL: "Je suis un dinosaure!"

Rencontre avec l'animateur qui vous réveille tous les matins depuis vingt ans sur Bel RTL.

Fabrice Collignon fête ce vendredi un sacré anniversaire : voilà tout juste vingt ans qu'il a commencé en tant qu'animateur des petits matins sur Bel RTL. Tout a commencé en 1994 lorsque la direction de l'époque a décidé de repenser la matinale de la station. Frédéric Herbay a d'abord pris les commandes de l'émission, et lorqu'il a fallu le remplacer, Christian De Paepe a proposé Fabrice Collignon pour un intérim, le temps que la saison s'achève. Il a pris l'antenne le 27 février 1995 pour la première fois, et vingt ans plus tard, il réveille toujours les auditeurs de Bel RTL.

C'est la seule émission de la station qui dure depuis si longtemps avec le même animateur aux commandes. "Je suis un dinosaure" nous confie Fabrice Collignon, sourire aux lèvres et dans la voix.

Gwendeline Delieux : Fabrice, est-ce que le plaisir est toujours intact vingt ans plus tard ?

Fabrice Collignon : Oui, parce que je n'ai pas l'impression que si ça n'allait plus, je me lèverais à deux heures et demi du matin. Se réveiller à cette heure-là pour faire quelque chose qu'on n'aime pas, on ne tient pas vingt ans, on pète les plombs. Je suis fatigué par moments, bien sûr, mais c'est toujours le même plaisir.

GD : Même en aimant ce qu'on fait, c'est très tôt, alors, c'est quoi le petit secret de Fabrice Collignon?

FC : C'est de se dire que je suis un peu privilégié pour la vie de famille, même si certains pensent que je vis en décalage. Je vais me coucher à 21 heures et j'ai un petit garçon de cinq ans et demi donc on se couche à peu près en même temps. Il rentre de l'école à trois heures et demi, donc je le vois six heures par jour durant la semaine! Si j'avais un horaire normal, je le verrais une heure ou deux. Ma femme est enseignante donc on a le temps de se voir aussi. Le soir, devant la télé, elle peut choisir son programme et la nuit, à partir de deux heures et demi, elle a le lit pour elle toute seule ! On a toujours eu ce rythme-là dans notre couple et ça a plein d'avantages. Les petits inconvénients, c'est la vie sociale en semaine, mais on se rattrape le vendredi soir, le week-end et pendant les vacances, donc ce n'est pas un souci. 

GD : Justement, vous n'êtes pas en décalage quand vous faites la fête le week-end puis qu'il faut se remettre dans le rythme de la semaine ?

FC : D'abord, faire la fête le week-end n'a jamais été un problème en soi! Maintenant c'est vrai qu'il y a une quinzaine d'années d'ici, je pouvais me permettre d'aller me coucher un peu plus tard pendant la semaine. Maintenant, l'âge faisant, il faut se surveiller et les excès ne sont pas très conseillés en semaine. Sinon le lendemain, ça se ressent quand même un peu à l'antenne, on manque de peps.

GD : En vingt ans, qu'est-ce qui a changé ?

FC : J'ai été recherché la cassette audio de ma première émission il y a vingt ans et tout a changé ! Le décor à l'antenne a changé, le rythme de l'info a changé, la durée des disques a changé. Avant on pouvait se permettre d'écouter un morceau de plus de quatre minutes, aujourd'hui toutes les deux minutes trente, voire trois minutes, il doit se passer quelque chose à l'antenne, il doit y avoir du mouvement, du rythme. Avant on prenait le temps, mais ce n'est plus ce que les gens attendent aujourd’hui. Là, il faut qu'il se passe quelque chose très tôt. On essaye  de garder de la convivialité car c'est ce que les auditeurs attendent : du sourire, l'heure qu'il est pour les situer, le temps qu'il va faire, la route, l'info, le sport... et je dois englober tout ça dans la continuité de la marque RTL qui est la convivialité et le vivre ensemble.

GD : Et comment on y arrive tous les jours ?

FC : Quand on n'y arrive pas, on fait semblant! On a tous des soucis alors on les laisse à l'entrée. Les jours où ça va moins bien, et ça peut arriver, on joue un rôle et on va à l'essentiel. D'ailleurs en général, j'ai remarqué qu'on était bon ces jours-là, parce qu'on est concentré sur ce qu'on fait, on est droit et carré. Mais heureusement, ça n'arrive pas trop souvent. 

GD : Un souvenir particulier de ces vingt années ?

FC :Des bons souvenirs, il y en a plein : des fous rires avec les amis de la rédaction, car ce sont les premières personnes que je vois le matin quand j'arrive, donc il y a une certaine complicité qui s'est installée. Avec eux, on a des fous rires et des sourires tous les jours. Mais, le souvenir le marquant de ces vingt ans n'est pas vraiment un bon souvenir: c'est la matinale du 12 septembre 2001. C'est le jour d'après et il faut tout gérer. Il y avait une tension énorme, car on voulait extrêmement bien faire. Il ne fallait vraiment pas se planter. Je me souviens de cette adrénaline qui ne nous a pas lâchés. On avait l'impression d'être en direct de New York, avec nos moyens, avec RTL Paris qui travaillait beaucoup pour nous, mais à l'antenne, ça avait un rendu extraordinaire. C'est, malheureusement, un de mes meilleurs souvenirs sur Bel RTL. Dans ce genre de cas compliqués, comme avec l'affaire Julie et Mélissa,et récemment les attentas de Paris, on doit faire son job de réveiller l'auditeur, ne pas tomber dans le piège d'en faire de trop. Le moindre mot est alors pesé parce qu'on ne veut absolument pas choquer. Mon job d'animateur, c'est d'être cohérent avec moi-même, et de réveiller les gens d'une manière différente parce que l'actualité l'exige.

GD : Prêt à repartir pour vingt ans ?

FC : Non, mais ça ne va pas ! Dans vingt ans j'aurai 66 ans. Mon idole de tout petit c'est André Torrent. Alors André, s'il te plait, ne tient pas jusque 66 ans sinon ils vont me demander de le faire aussi! Non, tenir tant que tous les feux sont au vert. Mais à un certain moment, je crois que le corps va dire stop. D'ailleurs, la direction me l'a dit: "quand tu sens qu'il y a un problème, quand tu sens que ça commence à ne plus aller, dis-le-nous".

GD : Ca met une sacrée pression à celui qui va te succéder!

FC : Oui, il a déjà une sacrée pression, mais je ne sais pas encore qui ce sera!

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