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Le message émouvant de Russell Brand à Amy Winehouse!

Le mari de Katy Perry a publié sur son blog un long témoignage en hommage à son amie de longue date, Amy Winehouse. Voici le message!

"Cela faisait des années que je connaissais Amy Winehouse. Lorsque je l'ai rencontrée à Camden pour la première fois, elle n'était qu'une petite bécasse vêtue d'une veste de satin rose qui faisait le tour des bars avec des amis communs, dont la plupart faisaient partie de cool groupes indé",écrit Brand.

"Carl Barrat m'a dit que 'Winehouse' (que j'appelais habituellement comme cela, raison pour laquelle je me faisais rabrouer parce que c'est assez étrange d'appeler une fille par son nom de famille) était une chanteuse de jazz, ce qui m'avait paru étrangement anormal au milieu d'eux tous. Selon moi, avec mes connaissances musicales limitées, cette information plaçait Amy au-delà d'une invisible frontière de pertinence; 'Une chanteuse de jazz? Encore une excentrique', ai-je alors pensé. Je lui ai tout de même parlé, après tout, c'était une fille, et elle était douce et singulière, mais par-dessus tout, vulnérable. C'était un 'personnage'."

Et le comique se rappelle encore la première fois qu'il l'a entendue chanter. "J'étais arrivé en retard et alors que je me frayais un passage dans le public, parmi les sourires et les gobelets en plastique, j'ai entendu le roulement, la résonance d'une voix féminine. En entrant dans la salle, j'ai vu Amy sur scène avec Weller et son groupe, puis, la stupéfaction.

La stupéfaction qui vous entoure lorsque vous entrapercevez le génie. De la présence de sa voix, cette voix qui ne semblait pas venir d'elle, mais d'ailleurs, bien plus loin que même Billie [Holiday] et Ella [Fitzgerald], du fond même du talent. Une voix qui était emplie de tant de pouvoir et d'une telle douleur qu'elle était à la fois humaine, mais en même temps entremêlée au divin. Mes oreilles, ma bouche, mon cœur et mon esprit se sont instantanément ouverts.

Et là, j'ai su. Elle n'était pas qu'une autre petite wannabe, une autre autre petite guignolette surexcitée qui n'y arriverait jamais, elle n'était pas non plus une chanteuse à 2 sous qui profitait de son quart d'heure de gloire. C'était un p****n de génie.

Petit idiot que je suis, je la voyais alors dans une lumière différente, une lumière qui descendait tout droit du paradis lorsqu'elle chantait. Maintenant qu'elle était illuminée, une autre phase de notre amitié a commencé. Elle a participé à quelques unes de mes émissions de télé et de radio, je la voyais toujours en-dehors, mais désormais, je lui prêtais un peu plus d'intérêt. Publiquement cependant, Amy était de plus en plus définie par son addiction.

Nos médias sont plus intéressés par la tragédie que par le talent, et par conséquent, l'encre a commencé à couler, plus pour décortiquer sa longue chute que pour mettre en avant son don. Les relations amoureuses destructives, les balerines couvertes de sang, les concerts annulés, toute cette folie Youtube à cause des bébés souris. Aux yeux du public, ces tourments éphémères remplacèrent son talent intemporel. Ceci, ainsi que sa façon de se tenir lors de nos rencontres occasionnels me firent prendre conscience que la gravité de sa condition.

L'addiction est une grave maladie, qui se termine soit en prison, en hôpital psychiatrique ou par la mort. J'avais 27 ans lorsqu'à travers le soutien de Chip Somers du centre Focus12, je suis entré en rémission. Désormais, Amy Winehouse est morte, tout comme beaucoup d'autres, dont les morts inutiles ont été rétrospectivement romancées à 27 ans. Que cette tragédie soit prévisible ou non n'est pas pertinent. Ce n'est pas prévisible aujourd'hui. Nous avons perdu une belle et talentueuse femme à cause de cette maladie. Tous les addicts n'ont pas l'incroyable talent d'Amy. Ou celui de Kurt [Cobain], ou Jimi [Hendrix], ou Janis [Joplin]. Certains ont juste l'affliction.

Tout ce que nous pouvons faire est nous adapter à cette condition, qui n'est pas un crime ou une affection romantique, mais une maladie qui finira par tuer. Nous ne connaissons pas tous quelqu'un avec le même talent qu'Amy, mais nous connaissons tous des alcooliques et des junkies et ils ont besoin d'aide, et l'aide est juste là. Tout ce qu'ils ont à faire est décrocher le téléphone et passer un coup de fil. Ou pas. Quoi qu'ils fassent, il y aura un coup de fil." 

FS

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