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"Copier le modèle de ma société": La Louvière est le premier club participatif de Belgique

(c) Belga
 
 

En 2017, l'ancien joueur professionnel Salvatore Curaba décide de racheter le matricule 94 de Couillet pour faire renaître quatre lettres mythiques pour les fans de foot louviérois: la RAAL est de retour. Il se lance également le challenge d'appliquer la recette à succès de sa société Easi pour faire de son club le premier participatif de Belgique.

Salvatore Curaba est un homme de défi. Après le succès de son entreprise Easi à Nivelles, le Louviérois a décidé de revenir dans le monde du foot qu'il avait quitté dans les années 90. C'est pour sa ville qu'il a décidé de relancer la RAAL. "Je ne l'ai pas fait par passion, mais par mission", explique l'homme d'affaires. Comme pour Easi, il a décidé d'ouvrir le capital du club à tous. "Je considère qu'une entreprise ne doit pas appartenir à un homme mais bien à ses employés", explique le président louviérois. "Dans ma vision des choses, c'est pareil pour un club de foot. Il doit appartenir à une communauté. J'ai donc voulu copier dans le foot le modèle de ma société."

"Dans un but de transparence"

Des supporters, des indépendants ou encore des sociétés sont donc devenus actionnaires de la RAAL La Louvière. L'idée a rencontré un vrai succès selon le président. "On a réussi à lever 2 millions d'euros avec 250 actionnaires", souligne-t-il. "Sachant qu'il y a un administrateur tous les 50.000 euros, il y a beaucoup de monde au conseil d'administration (CA)."

Mais ce n'est pas parce qu'on est actionnaire qu'on gère le club. "Le club est géré par le comité de direction", explique celui qui a été élu plusieurs fois "Manager de l'année" en Belgique. "Mais on doit bien sûr rendre des comptes au CA."

Toni Turi, directeur général du club et employé d'Easi, confirme les explications de celui qui est également son oncle : "C'est également dans un but de transparence qu'on a lancé ce projet. On aime bien informer les gens et nous n'avons aucun sujet tabou. La liste des actionnaires est d'ailleurs disponible sur notre site."

L'entraîneur est également actionnaire

Parmi les actionnaires, on retrouve notamment Frédéric Taquin, l'entraîneur de l'équipe première depuis la renaissance du club. "J'ai eu l'opportunité d'investir dans un projet dont je suis un des acteurs principaux", déclare le coach. "À partir du moment où je crois au projet, c'était une occasion en or d'investir dedans. Les investissements sont rarement sûrs mais celui-là l'est à mon sens."

Mais Frédéric Taquin le sait, cet investissement ne lui apporte pas la certitude de garder son poste quoi qu'il arrive. "Ce n'est en aucun cas une assurance", confirme Toni Turi. En poste depuis plus de quatre ans et avec une montée au compteur, le coach louviérois peut cependant dormir sur ses deux oreilles. Le club ne veut pas en rester là car il va réaliser dans quelques jours une augmentation de capital afin de lever 6 millions d'euros pour faire avancer le dossier du nouveau stade. Un dossier épineux qui crée quelques tensions entre la Ville de La Louvière et le club.


 




 

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