Tour des Flandres: un vrai/faux duel pour un "monument"

 
 

Attention au troisième homme! Le duel annoncé entre Mathieu Van der Poel et Wout van Aert, les frères ennemis du cyclisme, reprend dimanche au Tour des Flandres avec le risque qu'un trouble-fête s'adjuge l'un des "monuments" de la saison.

Un duel, vraiment? Les courbes de forme de Van der Poel et van Aert, qui ont dominé la dernière édition reportée pour cause de pandémie en octobre, semblent diverger à entendre le premier, vainqueur sortant, qui s'était imposé l'an passé au terme d'un sprint haletant remporté sur le Belge. "Je ne suis plus aussi fort que dans les courses italiennes", estime +VDP+, le Néerlandais aussi impressionnant qu'irrésistible début mars dans les Strade Bianche.

Au départ d'Anvers pour les 254 kilomètres d'un tracé -à huis clos- hérissé de dix-neuf petites côtes jusqu'à Audenarde, dans la plaine des Flandres, le petit-fils de Raymond Poulidor garde toutefois un optimisme contagieux: "J'étais malade l'an dernier dans la semaine précédant la course. Donc, je ne suis pas inquiet."

"J'ai déjà gagné, mentalement c'est un avantage", remarque le champion des Pays-Bas, capable d'incendier la course bien avant sa dernière heure ou de tout miser sur le sprint, en un mot imprévisible. D'autant qu'il prévoit de mettre fin à la première partie de sa saison au soir du "Ronde", puisque la "reine des classiques" Paris-Roubaix, qui conclut la période des grandes courses de pavés, est reportée à octobre.

- Le bloc autour d'Alaphilippe -

Face à lui, van Aert abat une carte d'importance dans la course qui fait rêver les coureurs flamands. A l'inverse de Van der Poel, qui a souffert mercredi des premières chaleurs dans A travers la Flandre, le Belge a fait l'impasse. Il est resté sur sa supériorité manifeste de Gand-Wevelgem dimanche dernier mais il est aussi le premier à souligner la différence entre les deux courses: "Le +Ronde+ est beaucoup plus difficile."

"Je suis l'un des favoris mais pas le grand favori", avance van Aert, qui se méfie de la puissance collective de l'équipe Deceuninck, même privée du Tchèque Zdenek Stybar: "S'ils sont au même niveau qu'à l'E3, ce ne sera pas simple."

Le constat renvoie au nombre de vainqueurs potentiels alignés par le groupe de Patrick Lefevere (Alaphilippe, Asgreen, Ballerini, Lampaert, Sénéchal), qui sont autant d'options tactiques pour bénéficier de la supériorité numérique.

"Cela va être LA course, la classique du début de saison", se réjouit à l'avance Florian Sénéchal qui semble l'un des mieux armés, sur les terres flandriennes où la météo prévoit un temps nuageux mais sec et sans vent, pour viser la quatrième victoire française de l'histoire. Au même titre, évidemment, que le champion du monde Julian Alaphilippe.

- Le fiasco de Sanremo -

"Nous ne devons avoir peur de personne dimanche et nous devons compter sur nos propres forces", affirme son patron Patrick Lefevere. Preuve de l'importance du collectif, les quatre derniers succès de son groupe dans le "Ronde van Vlaanderen" ont été obtenus par quatre coureurs différents (Devolder, Boonen, Gilbert, Terpstra).

Surprise en 2019 par l'Italien Alberto Bettiol, désarmée l'an passé par la chute d'Alaphilippe, la formation belge possède les clés de la course. Mais elle a toutes les raisons de se méfier des individualités, du Slovaque Peter Sagan qui se remet de son arrêt provoqué par le Covid-19, de l'Australien Michael Matthews et du Belge Greg Van Avermaet, soutenu désormais par son compatriote Oliver Naesen.

Le souvenir de Milan-Sanremo, le premier "monument" de la saison qui a tourné le 20 mars au fiasco pour les favoris, est encore tout frais. Surtout dans la tête de son lauréat, le Belge Jasper Stuyven, autre homme à suivre dans la terre grasse des Flandres s'il joue en duo avec son équipier, l'ex-champion du monde danois Mads Pedersen, qui s'était révélé en 2019 (2e).




 

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