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Face à la hausse du prix du gaz et du mazout, de plus en plus de ménages cherchent des alternatives pour se chauffer sans faire exploser leur facture. Parmi elles, les petits radiateurs électriques d’appoint séduisent. Chez Brico Planit par exemple, où s’est rendu notre journaliste Romain Mayez, les ventes ont fortement augmenté ces dernières semaines.
À première vue, la solution peut sembler intéressante : plutôt que d’allumer le chauffage central, pourquoi ne pas chauffer uniquement la pièce dans laquelle on se trouve ? Mais est-ce vraiment une bonne affaire ? Et surtout, ces petits chauffages permettent-ils réellement de faire des économies ?
Des ventes en augmentation
Dans les rayons des magasins de bricolage, en tout cas, l’intérêt est bien réel. « On enregistre une hausse de 80 % des ventes et le petit radiateur que vous voyez ici, on en a déjà vendu 80 depuis une dizaine de jours environ », constate Véronique Bosc, responsable du secteur commerce chez Brico Planit. « Les gens aujourd’hui viennent se renseigner et achètent de façon impulsive un radiateur d’appoint de ce type-là. »
Il faut dire que l’investissement de départ reste relativement limité. Selon les modèles, comptez entre 20 et 150 euros. Mais encore faut-il choisir le bon appareil. Pour une petite pièce comme une salle de bain, certains modèles sont spécifiquement conçus pour chauffer rapidement. Les chauffages céramiques et les convecteurs sont davantage destinés aux pièces à vivre, tandis que les bains d’huile mettent plus de temps à chauffer mais restituent la chaleur plus longtemps.
Une électricité « nettement plus chère »
Mais derrière leur prix d’achat accessible se cache un autre coût : celui de leur consommation. Richard en a fait l’expérience. Il est justement venu remplacer son chauffage d’appoint par un autre modèle. « J’en ai eu un, mais c’est pour ça que je veux changer pour mettre un fixe, parce que d’appoint, ça consomme beaucoup d’électricité », explique-t-il.
Et les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le prix du chauffage tourne actuellement autour de 0,10 euro par kWh pour le gaz et de 0,16 euro pour le mazout, contre 0,36 euro pour l’électricité. À consommation équivalente, l’électricité coûte donc plus de trois fois plus cher que le gaz et plus de deux fois plus cher que le mazout.
L’électricité est toujours nettement plus chère, environ deux à trois fois plus chère que le mazout ou le gaz.
La hausse du prix des énergies fossiles ne suffit donc pas à rendre le chauffage électrique plus avantageux. « Le gaz, le mazout et l’électricité se tiennent toujours. Il y a un lien entre les trois, simplement parce que pour faire de l’électricité, on utilise encore du gaz une partie du temps », explique Francesco Contino, professeur à l’École polytechnique de l’UCLouvain. « L’électricité est toujours nettement plus chère, environ deux à trois fois plus chère que le mazout ou le gaz. »
Utiliser un chauffage électrique d’appoint pendant plusieurs heures pour éviter d’allumer son chauffage central peut donc avoir l’effet inverse de celui recherché : faire grimper la facture.
Une bonne solution uniquement dans certains cas
Faut-il pour autant laisser ces petits radiateurs dans les rayons ? Pas forcément. Tout dépend de l’usage que l’on en fait. Pour chauffer ponctuellement une petite zone ou apporter rapidement un peu de chaleur, ils peuvent avoir leur utilité.
En revanche, ils ne sont pas conçus pour remplacer un système de chauffage central. « Un radiateur comme ça, ça ne sert pas à chauffer une pièce, les murs, etc. Si vous voulez avoir exactement la même chose avec un chauffage d’appoint qu’un chauffage central, vous allez consommer beaucoup plus d’électricité à la fin de la journée », prévient Francesco Contino.
Même constat du côté des vendeurs. « Attention, ces produits consomment beaucoup, donc ça doit rester du chauffage d’appoint uniquement », insiste Véronique Bosc.
La clé est donc de les utiliser avec parcimonie : pour quelques minutes ou pour chauffer ponctuellement une petite zone, ils peuvent dépanner. Mais utilisés plusieurs heures par jour pour remplacer le chauffage central, ils risquent surtout d’alourdir la facture d’énergie.






















