Accueil Actu Vos témoignages

Une sortie à Charleroi pour la Saint-Nicolas tourne au fiasco: 120 écoliers frigorifiés sur le quai de la gare, leur train retour annulé

Une joyeuse sortie scolaire pour la Saint-Nicolas s’est transformée en une expédition pour des élèves et leurs professeurs d’une école à Roux. Leur train de retour a été annulé à la dernière minute. Les enseignants ont donc dû se débrouiller pour éviter que les enfants âgés entre 6 et 12 ans restent coincés dans le froid. Une situation inattendue que les instituteurs déplorent. Ils demandent à la SNCB de rembourser leurs tickets.

"Un scandale vient de se dérouler à la gare de Charleroi", déplore ce jeudi Patricia via le bouton orange Alertez-nous. Cette grand-mère nous a contactés pour dénoncer la situation compliquée subie par 120 enfants et leurs enseignants. Leur retour en train après une excursion organisée comme cadeau pour la Saint-Nicolas ne s’est pas déroulé comme prévu et a obligé les professeurs à réagir en urgence.

"Ils ont été en attente d'un train qui leur était réservé et qui a été purement et simplement supprimé par la SNCB. C’est tout simplement honteux", estime la retraitée qui a été avertie par sa fille. "Elle était en colère car ma petite-fille de 6 ans faisait partie de ces élèves. Et mon beau-fils est son instituteur. Il s’appelle Fabio", confie Patricia.

On avait réservé et payé les tickets de train à l’avance

Enseignant à l’école Saint-Michel à Roux, il nous raconte cette mésaventure. "Pour fêter la Saint- Nicolas, on avait prévu ce jeudi une séance au cinéma à Charleroi avec les élèves de la 1ère à la 6ème primaire", explique Fabio. "On avait réservé et payé les tickets de train à l’avance", assure le professeur.

Au total, 120 enfants et 10 enseignants ont donc pris le train le matin à Roux en direction de Charleroi. Un trajet aller qui s’est déroulé sans problème. Mais, après la projection du film, le chemin pour retourner à l’école s’est transformé en galère. "Il faisait extrêmement froid. On est arrivés avec les enfants environ 15 minutes avant le départ annoncé du train à 12h39. Quelques minutes avant, un train est arrivé à quai mais il était stipulé de ne pas embarquer. Il est ensuite reparti à vide", se souvient Fabio.

Aucune information, ni explication 

Surpris et interloqués, les enseignants ont alors tenté d’obtenir une explication de la part du personnel de la SNCB. "On est descendus pour avoir des informations. Un employé nous a dit de vérifier sur les panneaux et le site. Mais il n’y avait rien. Il a alors utilisé son talkie-walkie et nous a dit qu’il y avait effectivement une demande de ne pas embarquer dans ce train, mais sans connaître la raison", relate-t-il.

La seule alternative proposée est d’attendre le train suivant, prévu une heure plus tard. "Nous étions là depuis au moins 20 minutes dans le froid avec 120 enfants qui étaient gelés. Ce n'était pas possible", lance Fabio. "Nous avons du coup posé la question à l’accueil de la gare mais la personne qui se disait responsable n’avait aucune info et ne voulait pas rembourser nos tickets. Elle nous a juste donné un document de réclamation", regrette le professeur.

On a dû prendre trois bus TEC pour rentrer à l'école avec des enfants gelés  

Fabio et ses collègues ont donc dû trouver une solution dans l’urgence face à des élèves frigorifiés. "On a été obligés de se débrouiller. On a appelé la directrice et on a décidé des prendre des bus TEC pour rentrer", explique-t-il. Le groupe de 120 élèves a été divisé en trois, étant la capacité limitée d’un bus. "Je suis parti avec le premier groupe dans lequel il y avait aussi des passagers classiques. Heureusement, les autocaristes étaient très compréhensifs", souligne Fabio. Selon lui, la directrice a demandé à l’opérateur de transport public d’envoyer un bus vide depuis le dépôt. "C’était le troisième groupe qui a pu le prendre. Il est arrivé vers 15h à l’école, soit beaucoup plus tard que l’horaire initial prévu", déplore l’enseignant.

"Je trouve que c'était vraiment rude et grossier"

Suite à cette expédition compliquée, Fabio et ses collègues sont mécontents des services de la SNCB. "Je trouve que c'était vraiment rude et grossier. Nous laisser avec autant d’enfants sans aucune explication, ni aide. En plus, si au moins on avait appris que le train était annulé une heure à l’avance, on aurait pu anticiper le retour. Mais là, on l’a appris quelques minutes avant le départ et on a dû réagir dans le stress", déplore-t-il.

Une institutrice présente a transmis le document de réclamation à la directrice, dans l’espoir d’obtenir un remboursement afin de pouvoir payer les tickets de bus payés par les professeurs.

Un remboursement possible ? 

La SNCB assure qu’ils recevront bel et bien une compensation. "Les tickets de train et les abonnements peuvent être remboursés selon les conditions générales de vente. A partir de 60 minutes de retard, une compensation de 100% du prix du trajet est octroyée aux voyageurs", assure Elisa Roux, porte-parole de la SNCB.

"Sans connaître le numéro exact du train, il est difficile de déterminer la raison de la suppression, mais une panne a eu lieu ce jour-là à Essen", indique la porte-parole. En raison de cette panne, une seule voie était encore libre pour faire rouler les trains. Ce qui a entrainé des problèmes de capacité sur le réseau. "C’est pourquoi certains trains ont dû être supprimés pour réguler la situation", ajoute-t-elle. 

Enfin, en cas de problème ou d'annulation, la porte-parole recommande de contacter directement le service clientèle de la SNCB. "Nous prévenons alors le train suivant qu’un groupe imprévu va se rajouter au train", assure Elisa Roux, en précisant que les écoles font très régulièrement des voyages en groupe dans les trains. 

À la une

Sélectionné pour vous