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Waterloo 2015 (3/5): une bataille entre deux stratèges que tout opposait

En marge du bicentenaire de la bataille de Waterloo, Sébastien Rosenfeld et Steve Damman ont réalisé une série de reportages. La bataille de Waterloo, c'était donc un duel entre Napoléon et Wellington. Deux stratèges que tout opposait. L'un voulait reconquérir son empire, l'autre était plus défensif. Ils avaient tous les deux un point commun: leur avenir s'est joué, ce jour-là, à Waterloo...

Jean-Gérald Larcin, 44 ans, originaire de Mons, a un an de moins que Napoléon en 1815. Fasciné depuis l’enfance par la personnalité de l’Empereur, il se glisse régulièrement dans la peau de celui-ci lors de commémorations. "Comme simple soldat, il y a 14 ans, dans la huitième demi-brigade de ligne et j’avais déjà la ressemblance physique avec l’empereur à ce moment-là, donc c’est comme ça que j’ai d’abord eu mon surnom, qui était la doublure".

A la ferme du Caillou, le sosie retrouve sa chambre à la veille de la bataille de Waterloo. Génie militaire, "le petit caporal" est en pleine confiance même si sa santé l’inquiète. "Apparemment il aurait eu une crise d’hémorroïdes, au moment de Waterloo, donc difficulté de se déplacer à cheval. D’ailleurs il n’a pas été énormément à cheval à Waterloo, à part à certains moments. Donc oui, cela l’a empêché de se reposer convenablement".

Une fois encore, le natif d’Ajaccio affronte une coalition financée par le Royaume-Uni. S’il n’est plus le fougueux général d’autrefois, son esprit est toujours vif. "Ici, on est dans la cuisine de la ferme du Caillou, vers 8h du matin, Napoléon a pris un repas rapide, il faut savoir qu’il mangeait toujours très rapidement, jamais en plus de douze minutes. Puis, une fois la table débarrassée, il a établi sa stratégie de bataille, avec les généraux qui étaient ici sur place", explique Nancy Schroeders, directrice du musée de la ferme du Caillou.

Wellington installe son quartier général dans le village de Waterloo. Il est l’exact opposé du Français. Sur le plan militaire, il privilégie toujours la défense. Sur le plan personnel, le Britannique se montre distant et sensible. "Il était heureux quand il avait remporté la bataille, bien entendu, mais il ne pouvait pas s’empêcher de penser à toutes les pertes en homme, d’autant plus quand il y avait de ses proches dans l’Etat-Major, ça l’affectait profondément", explique Bernadette Raeymaekers, présidente des amis du musée Wellington.

En gagnant contre Napoléon, Wellington devient le héros d’une nation. Alors que l’Empereur meurt en exil à Saint Hélène, celui-ci transforme la bataille de Waterloo en une gloire personnelle au cœur de sa résidence londonienne.

Le duc de Wellington aménage la galerie Waterloo. A chaque date anniversaire, il organise un grand dîner pour commémorer sa victoire en invitant les plus grandes têtes couronnées européennes, et ce jusqu’à sa mort en 1852.

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