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Le plus grand vaisseau de guerre viking danois jamais reconstruit au monde, le "Havhingtsen fra Glendalough" (L'étalon de mer de Glendalough), reprend la mer, mille ans après, pour retourner à sa terre d'origine: l'Irlande.
Le 1er juillet, le drakkar quittera le port de Roskilde au Danemark, capitale politique des Vikings et centre commercial florissant entre le IXe et le XIIe siècle. Il cherchera à rejoindre après 44 jours de traversée et 900 miles nautiques, Dublin où il avait été construit en l'an 1040 dans la forêt de Glendalough.
L'épave du bateau original avait été retrouvée dans la vase du fjord de Roskilde en 1962. Elle y avait été coulée vers la fin du XIe siècle avec quatre autres navires pour bloquer l'invasion des ennemis vikings norvégiens.
Construit en bois de chêne, le drakkar a été reconstitué entre 2000 et 2004 au chantier du musée viking de Roskilde. Après 84 jours de tests dans les mers environnantes, il va entamer un long voyage de retrouvailles de plus de 1.600 kilomètres pour revoir son port d'attache.
A quelques jours du départ, Preben Rather Soerensen, la trentaine, un barbu aux yeux bleus, chef de l'expédition, inspecte les derniers préparatifs sur le "Havhingsten" amarré devant le musée, à 30 km à l'ouest de Copenhague.
Les odeurs de la mer se mêlent au goudron de pin de la coque du navire où règne une atmosphère enfiévrée des grands départs. Un charpentier rabote une rainure dans la quille, un autre vérifie les joints, un troisième le mât.
Regardant fièrement le drakkar reconstitué, "oeuvre de 4 années de travail de charpentiers du Danemark, des Iles Féroé, de Norvège et des Iles Aaland", M. Soerensen se félicite de l'ouvrage, d'autant qu'"on n'a retrouvé qu'un quart seulement de la coque du bateau original, mais néanmoins le plus important".
Le "Havhingsten" a été bâti selon "les mêmes méthodes des Vikings et avec les mêmes instruments reconstitués de l'époque qui ont donné aux drakkars leur souplesse et légèreté légendaires".
"Mais le plus dur reste à faire. C'est l'épreuve de vérité, qui commence", dit-il. Non sans quelques appréhensions. "Le drakkar, un bateau ouvert, peut se retourner en quelques secondes par grosse houle. Et à l'époque les vikings se noyaient. Mais nous n'avons pas l'intention de les suivre" assure-t-il.
C'est pourquoi les quelque 65 membres d'équipage international, "porteront en permanence" des combinaisons de sauvetage, et que le drakkar sera "suivi" par un bateau d'assistance, "au cas où".
Le but de cette expédition est "de voir comment les Vikings, d'habiles marins, écumaient les mers dangereuses d'Europe avec des embarcations apparemment aussi frêles mais à la technique éprouvée, et de connaître les aptitudes de tels bateaux et leur manoeuvrabilité", selon M. Soerensen.
Comme les Vikings, l'équipage du Glendalough, fera des escales le long de la traversée, au gré des vents, car "deux jours de navigation sur un tel bateau où chacun a moins de 0,8 m2 pour soi, sont épuisants. Il faut se relayer toutes les 4 heures pour faire le guet, s'occuper des cordages, de la voile et vivre dans des conditions de confort très rudimentaires", selon le chef de l'expédition.
Mais les désagréments et le danger d'une telle traversée n'ont pas effrayé les candidats de tous bords, "des aventuriers intéressés par l'époque viking, et désireux de participer à cette expérience historique", affirme M. Soerensen.
Le coût global du projet est estimé à 4,7 millions d'euros. Le bateau est attendu le 14 août à Dublin.
