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Une nouvelle éolienne transformant l'eau de l'air en eau potable cherche acquéreur

Récupérer l'eau de la rosée: l'idée est ancienne. Marc Parent l'a rajeunie en la couplant à l'énergie du vent. Ce petit patron des Alpes-de-Haute-Provence a créé une éolienne qui produit de l'eau potable à partir de l'humidité de l'air.

Une innovation en quête d'acquéreur.

Le procédé est simple: "l'éolienne aspire l'air. L'énergie du vent sert ensuite à refroidir cet air et les vapeurs d'eau qu'il contient qui se transforment ensuite en eau", explique Marc Parent dans son petit atelier de Sainte-Tulle, au coeur du pays de Giono.

L'eau est ensuite traitée grâce à des filtres et récupérée dans une cuve incorporée à l'éolienne.

Trois prototypes sont actuellement proposés: l'un de 10 m de hauteur, d'une capacité maximum de 53 litres/24h, un de 12 m pouvant fournir jusqu'à 149 litres/24h, et un autre de 14 m produisant jusqu'à 514 litres/24h. Leur coût respectif est de 9.900, 18.000 et 25.000 euros. Ces estimations de production sont basées sur les conditions suivantes: un vent de 10m/s, une température de 25°C et une humidité de 60%. Elles produisent en outre de l'électricité.

C'est aux Antilles que le projet a germé il y a plus de dix ans. Cet autodidacte de 42 ans, passionné par les systèmes de réfrigération, a eu l'idée de récupérer l'eau de la climatisation dans la maison familiale isolée, et de la verser dans une citerne.

Depuis, il a conçu, pendant ses loisirs, ces éoliennes productrices d'eau, déposé des brevets dès 2001, et créé en juin 2008 Eole Water SAS avec un capital de 243.200 euros. Mais pour l'heure, lui et ses sept associés sont encore dans la phase de présentation de la machine aux industriels et aux particuliers.

Leur cible: la technologie verte et les zones isolées, insulaires ou côtières. Eole Water souhaite également se positionner en complément des systèmes de désalinisation, ou concurrencer le marché de l'eau potable en bouteille.

"Le côté éthique est pour moi très important", assure Marc Parent. "On veut faire du business mais aussi fournir une solution pour apporter de l'eau dans les pays qui en ont vraiment besoin. Malheureusement, aujourd'hui, on n'arrive pas à le faire directement parce qu'on a besoin d'industrialiser le produit, pour le proposer à un coût beaucoup plus bas".

Plusieurs entreprises sont intéressées, notamment la ville écologique de Masdar dans les Emirats arabes, un projet industriel dans le sultanat d'Oman ou des agriculteurs du sud-est de l'Australie, selon le géophysicien Christophe Maisons, l'un des associés d'Eole Water.

Au nord de Toulouse, l'ensemble des Raisins - 470 appartements en cours de rénovation - vient de prendre contact avec Eole Water. "Une fois l'investissement fait, on sait qu'on va produire tel nombre de litres d'eau par jour, ce qui est énorme!", s'enthousiasme Alain Armand, membre d'un conseil syndical de l'une des copropriétés des Raisins.

"Le projet amène à faire des économies d'énergie. On pourrait stocker de l'eau et de l'électricité pour les parties communes. On utiliserait ensuite cette eau potable soit pour le nettoyage, soit pour la consommation", dit M. Armand. En outre, la petite taille de l'éolienne ne nécessite pas de permis de construire, "ce qui s'implifie les opérations", observe-t-il.

En attendant les premières commandes, Marc Parent continue de plancher sur la recherche, laissant volontiers à ses associés le soin de négocier et vendre "même à prix coûtant" les éoliennes afin d'"avoir des vitrines" et un outil industriel.

Ce qui sera fait "d'ici deux-trois ans", espère-t-il en souriant.

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