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40% des agences bancaires belges ont disparu en 10 ans, et ce n'est pas fini: va-t-on prendre soin des "exclus bancaires" ?

40% des agences bancaires belges ont disparu en 10 ans, et ce n'est pas fini: va-t-on prendre soin des
©BELGA

Inlassablement, le monde bancaire poursuit sa mutation. La disparition des agences va faire des victimes, ceux qui ne veulent pas ou ne peuvent pas se "numériser". Explications.

Une baisse de 10% en un an, de près de 40% sur 10 ans: le nombre d'agences bancaires n'en finit pas de diminuer sur notre territoire. Vendredi, c'est la banque BNP Paribas Fortis qui annonçait une nouvelle vague de suppression d'emplois… et d'agences. Près de la moitié d'entre elles vont disparaître dans les prochaines années.

Les banques assurent que plus personne ne se rend au guichet (elles ont tout fait pour ça…), et que seule une petite poignée d'opérations nécessite encore votre présence en personne à la banque. L'utilisation des banques en ligne explose (+400% en 15 ans), celle via des applications (smartphone/tablette) fait encore mieux (de 100.000 en 2011 à 5,9 millions en 2017).

"Les banques ont l'obligation, quand on ouvre un compte, d'avoir la carte d'identité. On peut aller dans une agence et passer la carte dans le lecteur. Mais on peut le faire à distance, par exemple en envoyant la photo de sa carte d'identité", a expliqué Rodolphe de Pierpont, porte-parole de Febelfin, la Fédération belge du secteur financier. Voir à ce sujet notre test d'une banque exclusivement en ligne (et d'origine allemande).

Des "exclus bancaires" ?

Cependant, tout le monde n'a pas l'envie ou les capacités de numériser sa vie bancaire, pour des raisons de coût et d'équipement (smartphone, ordinateur, abonnement internet). Il y a donc un risque d'avoir des exclus bancaires, obligés de parcourir des (dizaines de) kilomètres pour une simple opération.

D'après le spécialiste financier de Test-Achats, une réunion va avoir lieu prochainement entre l'association de défense des consommateurs et la Banque nationale. Objectif: "maintenir un certain nombre d'agences minimum, pour que chacun puisse avoir une agence pas trop loin de chez lui, avec l'accès à certains services, et sans augmenter les frais". Car le risque est là aussi: faire payer plus ceux qui veulent encore des services "à l'ancienne", avec des guichets humains ou même électronique. Mais la numérisation inarrêtable de tous les services tend vers le contraire, tout ce qui est "humanisé" coûtant cher, on le fait payer aux utilisateurs...

Pour quelles raisons se rend-on encore en agence ?

Febelfin précise les trois opérations bancaires pour lesquelles les gens préfèrent des contacts humains en agence, mais il faudrait parler de services financiers.

"L'achat d'un logement et donc la préparation d'un crédit hypothécaire ; la création d'une entreprise et le démarrage d'un projet professionnel ; et tous les conseils d'investissement. Mais même pour ça, les banques offrent des possibilités en ligne ou à distance, avec éventuellement un support téléphonique".

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