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L'agence S&P place sous surveillance négative la note de la dette de l'Argentine

(Belga) L'agence Standard & Poor's a placé vendredi "sous surveillance" avec implication négative la note de la dette de l'Argentine, confrontée à une dégringolade de sa devise la faisant replonger dans la crise économique.

L'agence de notation souligne que le gouvernement du président Mauricio Macri s'est engagé à stabiliser l'économie par des mesures d'austérité, "ce qui devrait contribuer à restaurer la confiance des investisseurs". "Toutefois, les pressions récentes sur la devise argentine pourraient mettre en péril la mise en oeuvre des mesures économiques", commente-t-elle dans un communiqué. Le placement sous surveillance négative reflète le risque plus grand de non remboursement de la dette en raison de la faiblesse potentielle de la stratégie économique mise en oeuvre. Il signifie que la note de la dette du pays pourrait être abaissée dans les trois mois. En juin, le FMI a accordé un prêt de 50 milliards de dollars au gouvernement argentin. Un premier versement de 15 milliards de dollars a été déjà effectué. Alors que le pays s'enfonce dans la crise et que la colère gronde dans la rue pour dénoncer la hausse des prix, le FMI a annoncé mercredi qu'il était disposé à avancer ses versements pour soutenir le programme économique du gouvernement. Et des discussions doivent commencer à Washington mardi. En contrepartie, les autorités argentines doivent revoir leur programme de réformes économiques. Jeudi, la Banque centrale de la République argentine (BCRA) a relevé de 45% à 60% son taux directeur, un des plus élevés au monde, pour tenter de freiner la chute du peso liée notamment à une perte de confiance des marchés. Malgré cette annonce, le peso argentin a enregistré jeudi sa plus forte dépréciation en une seule journée depuis que, fin 2015, Mauricio Macri (centre droit) a pris ses fonctions de président, cédant 13,52% face au dollar. Vendredi, le peso a toutefois repris un peu de couleurs et a rebondi de 5%. Des manifestations ont par ailleurs éclaté jeudi soir à Buenos Aires ainsi qu'à La Plata, Rosario et Mar del Plata. Pour exprimer leur colère face à la montée des prix, les manifestants ont frappé sur des casseroles, comme en 2001. Cette année-là, le pays a connu le plus important défaut de paiement de l'histoire et une grave crise économique et sociale. (Belga)

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