France: 25 ans après, le meurtrier d'un étudiant condamné à 20 ans de réclusion criminelle

(Belga) La cour d'assises du Territoire de Belfort, siégeant à Vesoul, a condamné vendredi Christophe Blind, 49 ans, à 20 ans de réclusion criminelle pour l'assassinat, un quart de siècle plus tôt, de Stéphane Dieterich, un étudiant belfortin.

L'avocat général Frédéric Lutz avait requis 20 ans de réclusion criminelle à l'encontre de l'accusé, la peine prononcée après un peu moins de quatre heures de délibérations. Dénonçant "l'absence de sincérité de l'accusé", Claire Doubliez l'avocate de la mère et du frère de la victime, parties civiles, a regretté à l'audience que Christophe Blind n'ait "pas eu un mot à leur endroit" tout au long de ce procès qui s'était ouvert lundi. L'avocat de l'accusé, Julien Dami Le Coz, a contesté la préméditation retenue par le ministère public. "De 1990 au 4 juillet 1994, jusqu'à quelques secondes avant les faits, Sylvain Dieterich a imposé à Christophe Blind des actes à caractère sexuel", a-t-il soutenu, affirmant que la victime exerçait une "ascendance" sur son meurtrier. Regrettant une peine "assez lourde" à l'énoncé du verdict, il s'est réservé la possibilité d'interjeter appel. Stéphane Dieterich, âgé de 24 ans au moment des faits, avait été tué dans la nuit du 4 au 5 juillet 1994. Son corps, lardé de onze coups de couteau, avait été retrouvé dans un bois, à Essert, une commune voisine de Belfort. A l'époque, Christophe Blind avait été placé en garde de vue, figurant parmi les nombreuses pistes explorées par les enquêteurs. Le jeune homme, qui apparaissait comme l'une des dernières personnes à avoir vu la victime vivante, avait toutefois été mis hors de cause par une ordonnance de non-lieu rendue en octobre 2001. La famille avait fait appel de cette décision, qui avait été définitivement confirmée en 2003 par la Cour de cassation. Mais en 2013, l'affaire a connu un rebondissement, des scellés non exploités étant analysés grâce aux avancées techniques. Un rapport d'expertise a entraîné la saisine d'un juge d'instruction en février et l'enquête a été relancée, quelques mois avant que les faits soient prescrits. Deux émissions de télévision consacrées à ce meurtre non élucidé, ainsi que l'activité de la famille pour faire vivre la mémoire de Stéphane Dieterich, ont suscité aussi de nouveaux témoignages. En décembre 2015, Christophe Blind a de nouveau été placé en garde à vue et a fini par avouer être l'auteur de cet homicide avant d'être mis en examen pour meurtre et écroué. La chambre de l'instruction a ensuite requalifié les poursuites en assassinat, comme l'avait requis le parquet. (Belga)

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