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Coronavirus - Le Premier ministre s'exprime sur RTL INFO: "La situation est pire que le 18 mars"

  • Coronavirus: Le premier ministre De Croo est l''invité du RTLInfo 19H

  • Coronavirus: suite de l''interview d''Alexander De Croo dans le RTLInfo 19H

 
 
CORONAVIRUS
 

Le Premier ministre était l'invité du RTL INFO 19H ce dimanche. Notre journaliste Salima Belabbas a interrogé Alexander De Croo sur la crise sanitaire et les récentes mesures décidées. Parmi celles-ci, il y a surtout la fermeture imposée au secteur de l'Horeca.

Salima Belabbas: Le ministre de la Santé parle d'une situation très grave, notamment en Wallonie et à Bruxelles. La pire d'Europe. Est-ce que les mesures prises seront suffisantes?

Alexander De Croo: En tout cas, c'est vrai que la situation est grave. Elle est pire que le 18 mars, où on avait décidé le confinement, qui était pratiquement complet. Si on regarde aujourd'hui la situation dans les soins intensifs dans nos hôpitaux, on a trois fois plus de gens en soins intensifs dans les hôpitaux. Donc la situation dans les hôpitaux est grave. Elle va continuer à se dégrader. On doit maintenant tout faire pour qu'on puisse soigner tous les gens qui viennent dans nos hôpitaux. C'est vraiment nécessaire que tous ensemble, on limite au maximum tous les contacts qui sont des contacts non nécessaires.

COVID BELGIQUE: où en est l'épidémie ce lundi 19 octobre?

Salima Belabbas: Est-ce que c'est la dernière étape, la dernière chance, avant le confinement?

Alexander De Croo: Je pense que c'est notre responsabilité mutuelle. En fait, dans un moment comme celui-ci, on est 11 millions de Belges. Nous sommes tous dans la même équipe. Nous sommes tous dépendants de la solidarité des uns des autres. Donc tous ensemble on va pouvoir faire cela. Les mesures qu'on prend sont des mesures drastiques. On demande en fait de limiter chaque contact qui n'est pas nécessaire, tout simplement de ne pas le faire. On le fait pour sauvegarder la situation dans les hôpitaux, mais aussi pour que nos enfants puissent continuer à aller à l'école. On voit aujourd'hui toujours des enfants qui ont un retard par rapport à la période ne mars où ils n'ont pas pu aller à l'école. On le fait pour que les secteurs essentiels dans notre économie puissent continuer à travailler. Mais tout ce qui est en dehors de cela, il faut limiter au maximum le contact.

Si on n'arrive pas à respecter cette règle de limiter les contacts, à un moment donné on joue avec la vie de ces personnes vulnérables

Salima Belabbas: Vous l'avez évoqué, la limitation des contacts sociaux, ce sont des mesures très difficiles à faire respecter. Comment faire pour que la population adhère à ces mesures?

Alexander De Croo: D'abord, je pense que les règles sont très claires et que tout le monde les comprend. Il faut être clair que la police, elle va faire respecter les règles. Il n'y aura pas d'exception. Quand on ne respecte pas les règles, il y a des amendes. Mais finalement, je pense que ce qu'on appelle maintenant, c'est le bon sens des gens. Tout le monde comprend qu'on leur demande pas de faire cela parce qu'on trouve ça amusant. On sait tous que ce sont des mesures qui sont dures et qui entrent vraiment dans notre vie. Mais nous tous, on connaît tous des gens qui sont vulnérables. Nos parents, nos grands-parents, quelqu'un qui habite dans notre rue qui est malade. Finalement, si nous on n'arrive pas à respecter cette règle de limiter les contacts, à un moment donné on joue avec la vie de ces personnes vulnérables.

Salima Belabbas: Vous avez parlé de responsabilité collective, mais il y a aussi la responsabilité politique. Est-ce qu'on en a fait assez pour éviter cette deuxième vague? Dans les hôpitaux, au niveau des tests, du dépistage?

Alexander De Croo: Ce qu'on voit, c'est que cette deuxième vague, elle est vraiment partout en Europe. On voit que les Pays-Bas ont pris des mesures comparables aux nôtres, la France a aussi un couvre-feu comme on le fait… Voilà, cette pandémie dure longtemps. A un moment donné je comprends que des gens disent 'On veut continuer à vivre un petit peu'. Je pense qu'on doit être conscient du fait qu'on est parti quand même pour une trajectoire assez longue. On va pas avoir un virus (ndlr: le Premier ministre voulait certainement dire "vaccin") au début de l'année prochaine. Ce sera peut-être dans le courant de l'année prochaine. Donc si on veut pouvoir continuer à vivre, on doit faire baisser de manière significative le nombre d'infections dans notre population. Aujourd'hui on est à un taux beaucoup trop élevé. Quand il y a autant d'infections, on en voit les conséquences. On voit que la situation dans les hôpitaux déborde. On voit que quand on veut faire un test covid, ça dure plusieurs jours avant d'avoir les résultats, c'est tout simplement parce qu'il y a trop de gens qui doivent se faire tester. On voit que le traçage qui essaie d'isoler des gens qui sont positifs…

Salima Belabbas: Le traçage des malades, le dépistage, on est au point en Belgique en ce moment?

Alexander De Croo: On voit que c'est un système qui est au point, mais à un moment quand il y a tellement de cas positifs, on voit que ça devient difficile. On le voit en France, aux Pays-Bas. Quand il y a tellement d'infections, on voit qu'on n'arrive plus à gérer ça. Donc ce qu'on fait maintenant, c'est un peu de couper. Et on doit, pendant une période, on parle d'une période de quatre semaines, on doit couper au maximum nos contacts. Si on le fait bien, le nombre d'infections va chuter. On va arriver à un niveau qui est de nouveau raisonnable. Une fois qu'on est à un niveau raisonnable, on peut reprendre la vie avec des limites, qui sont naturellement assez strictes. Mais on pourra à nouveau aller à un café ou manger quelque chose au restaurant.

On ne prend pas cette décision parce qu'on veut pointer du doigt les cafés et les restaurants

Salima Belabbas: Pour le libéral que vous êtes, la fermeture de l'Horeca, c'est une décision très difficile à prendre.

Alexander De Croo: C'est une décision extrêmement difficile. Je pense que c'est une des plus difficiles que j'ai dû prendre jusque maintenant. Je vais être très clair. On ne prend pas cette décision parce qu'on veut pointer du doigt les cafés et les restaurants, ce n'est clairement pas la seule source d'infection. Mais la situation dans laquelle on est maintenant, ce n'est pas une situation d'aller pointer du doigt, c'est une situation où on voit que le virus est partout. Donc si on veut de nouveau venir à une situation plus normalisée, tous les contacts qui sont non nécessaires, on doit se limiter. Et les cafés et les restaurants, par leur conception, c'est des endroits où il y a des contacts sociaux. C'est pour ça qu'on y va. C'est pour ça qu'aujourd'hui on n'a vraiment pas le choix de faire cela. Alors, on comprend que d'un point de vue économique, pour ce secteur-là c'est dramatique. C'est pour ça qu'avec le ministre Clarinval, le ministre Dermagne, on a pris des mesures de compensation économiques. Des mesures qui aident les indépendants dans leurs revenus. Des mesures qui se prennent aussi au niveau régional, pour aider les cafés et restaurants avec leurs coûts fixes. Je vais être très claire, c'est une situation difficile. On prend une mesure qui est malheureusement nécessaire. On ne va pas laisser tomber les cafés et les restaurants par rapport à quelque chose où eux ce n'est pas de leur faute.

Salima Belabbas: Justement, l'Horeca c'est une étape? Il faut s'attendre à des mesures au niveau de la culture? Dans les milieux sportifs aussi?

Alexander De Croo: L'arrêté ministériel entre en vigueur demain (ndlr: lundi). C'est clair que pour les événements sportifs du week-end prochain, que les protocoles qui gèrent cela, ils vont être changés entre demain et vendredi. Mais il y a une différence quand même. Pour des événements à l'extérieur, le taux d'infection est complètement différent par rapport à des événements qui se font à l'intérieur. Mais il est clair que dans les événement sportifs et culturels à l'intérieur, on va prendre des mesures pour les aligner avec la situation épidémiologique et les mesures qu'on a prises dans les cafés et les restaurants.

Salima Belabbas: Ça veut dire que les 200 personnes en intérieur, ce genre de chose, ce ne sera plus possible?

Alexander De Croo: On prendra le temps pour bien prendre les mesures. Mais de nouveau, je voudrais faire appel au bon sens. Chacun de nous, on sait très bien qu'il faut faire attention, qu'il faut garder les distances. Plus que jamais, c'est notre comportement individuel qui fait la différence entre un hôpital qui sait aider les gens qui viennent ou qui ne sait pas aider les gens. On pourrait se retrouver dans une situation où il y a des gens qu'on aurait pu sauver, mais qui perdent la vie parce qu'on n'arrive pas à les aider dans les hôpitaux. Ça, tous les Belges, on doit tout faire pour éviter cela.

Sauvons Noël, sauvons les fêtes de fin d'année

Salima Belabbas: Et si tout cela ne marche pas, qu'est-ce qu'on fera?

Alexander De Croo: Honnêtement, moi je suis confiant qu'on peut le faire. Nous, tous les Belges ensemble, on l'a fait. Le confinement en mars, on l'a fait. Et les chiffres ont baissé d'une manière drastique. On l'a fait une fois, je sais que c'est difficile de le demander une deuxième fois. Mais on a pu le faire, tous ensemble, en solidarité. Je suis convaincu qu'on peut le faire une deuxième fois.

Salima Belabbas: Dans deux mois, ce sera les fêtes de fin d'année. Est-ce qu'on doit s'attendre à ne pas pouvoir se rassembler? A ne pas pouvoir fêter normalement?

Alexander De Croo: C'est peut-être un objectif qu'on peut se mettre. Que si on se comporte bien, si on respecte bien les règles, il y aura des fêtes de Noël. Peut-être organisées de manière différente de ce qu'on le faisait l'année passée, mais c'est peut-être un objectif pour nous aujourd'hui, sauvons Noël, sauvons les fêtes de fin d'année.

 




 

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