Décès accidentels de jeunes sportifs: comment peut-on l'expliquer? (vidéo)

Le médecin du sport, Charles Chapelle, qui était l'invité de Caroline Fontenoy dans le RTLinfo 13H, a apporté son analyse suite au décès de Michael Goolaerts, jeune cycliste de 23 ans, lors de Paris-Roubaix.


C'est vrai que ce genre de malaise cardiaque, pour un si jeune sportif professionnel étonne, et pourtant il n'est pas rare, je pense notamment à de jeunes footballeurs qui ont connu le même sort.
 Comment peut-on l'expliquer?

"Ce sont des pathologies cardiaques qui sont très difficiles à dépister quelle que soit la qualité de l’entraînement et de l’encadrement de ces jeunes. Pourquoi ? Parce qu’il existe des pathologies, qui malgré avec les moyens dont on dispose aujourd’hui (une échographie, un électrocardiogramme,…), sont indétectables."


On sait que les compétitions sont de plus en plus exigeantes, qu'on repousse sans cesse les limites.
 Est-ce qu'on en demande trop aux sportifs de haut niveau ou ce sont, comme on dit, les risques du métier?

"Ce sont les risques du métier. On en demande beaucoup, mais ces gens sont encadrés et ils ont un entraînement spécifique, suivi et constamment évalué. Malheureusement, on sait que les statistiques en Europe sont de 3,6 cas pour 100.000 pratiquant chez les gens de 14 à 35 ans. Ces chiffres se confirment et ils n’ont jamais changé en 40 ans."


Qu'existe-t-il aujourd'hui pour prévenir ce genre d'accidents, et est-ce que cet événement pourrait permettre de revoir les mesures prévention à la hausse?
 

"C’est très compliqué. On sait très bien que même en faisant tous les examens qu’on a à disposition (échographie du cœur, des tests à l’effort,…), il existe des pathologies indétectables particulièrement les troubles électriques et les troubles ioniques. Il faut savoir aussi qu’on parle d’une maladie peut-être génétique avec une protéine du cœur qui serait capable de déclencher un mécanisme de contraction atypique dans la cellule cardiaque et de provoquer ces décès. Vous comprenez que dans les examens d’aujourdhui, il est impossible de pouvoir détecter tout. Ceci dit, cela permet d’éliminer un certain nombre de pathologies classiques. Je suis pour un dépistage systématique par écho et par électro chez les plus jeunes."

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