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La prison pour femmes de Mons explose: "Il y a 27 places pour 52 détenues, elles dorment sur un matelas jeté par terre"

Il n'y a plus aucune place en prison. Les syndicats demandent qu'on interdise l'arrivée de nouveaux détenus. Le problème se situe surtout au niveau des prisons pour femmes. À la prison de Mons par exemple, il y a 27 places et elles sont actuellement 52 détenues.

La situation est décrite comme intenable par les syndicats : derrière les grilles du quartier des femmes, la situation est difficile à vivre actuellement pour les détenues. Il y a quelques jours encore, la maman de Gina devait partager sa cellule double avec une troisième personne. Des mètres carrés à gérer et qui posent problème.

"Quand ils sont trop, c'est pas possible, il n'y a que deux lits, donc elles sont obligées de mettre un matelas par terre pour la troisième personne. C'est assez compliqué, explique Gina, la fille d'une détenue. Quand on est déjà tout seul dans une chambre, c'est petit. Donc imaginez à 3, l'un sur l'autre."

À Mons, on compte 52 détenues alors que le cadre légal n'en prévoit que 27. Chez les hommes, la jauge est dépassée de 20%. Ces situations de surpopulation posent des problèmes très concrets.

"Il faut savoir se supporter, il faut savoir s'entendre, c'est plein de complications. Cela crée beaucoup de tensions, elles se disputent souvent, ajoute Gina. Et puis, du fait qu'elles sont de trop, il y en a qui n'ont pas à manger, qui n'ont pas à boire, et donc elles se servent. Ma maman, ça l'énerve du fait qu'elles n'ont déjà rien."


La Ville de Mons réagit

Suite à une interpellation des syndicats, la ville de Mons a décidé de lancer un arrêté pour limiter le phénomène. En 2017 déjà, une telle mesure avait été prise. Concrètement, il s'agira de désengorger le site.

"Nous allons interdire l'arrivée de nouveaux détenus dans les prochains jours, affirme Nicolas Martin, bourgmestre de Mons. Par ailleurs, nous allons essayer de déplacer certains prisonniers vers d'autres établissements pénitentiaires. Les nombres doivent être respectées."

Ce matin, les proches de détenus nous ont tous expliqué attendre la mise en place de l'arrêté communal avec impatience. De quoi ramener, disent-ils, des conditions de vie acceptables.  

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