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Le nombre de wallons bénéficiaires au RIS a explosé en 10 ans: de nouveaux profils font leur apparition

Le nombre de wallons bénéficiaires au RIS a explosé en 10 ans: de nouveaux profils font leur apparition
Image d'illustration

Selon l'Institut pour le développement durable, le nombre de wallons bénéficiaires du revenu d'intégration social (RIS) a augmenté de 77% par rapport à 2008. Explications avec notre journaliste Vincent Chevalier.

92.000 Wallons (4,2% de la population) ont bénéficié au moins une fois du RIS l'année dernière. Les jeunes entre 18 et 24 représentent toujours la catégorie sociale la plus touchée, ils sont 6,8%. 43% des personnes de cette catégorie faisaient des études.

Mais des nouveaux profits ont fait leur apparition : indépendants en faillite, chômeurs exclus du chômage, jeunes qui n'ont plus droit à des allocations, personnes qui travaillent mais qui ne gagnent pas assez et complètent avec le CPAS.

"Depuis toujours, un tiers des personnes par le CPAS sont des jeunes de moins de 25 ans. Pour le reste, nous rencontrons des personnes qui viennent d'horizons variés. On a de plus en plus des personnes qui travaillent à mi-temps ou à 3/4 temps. Elles doivent venir compléter leurs revenus en demandant un RIS à leur CPAS", éclaire Philippe Defeyt, président de l'Institut pour un développement durable.

Selon l'institut, il y a bien eu un petit effet de vase communiquant après la réforme du chômage en 2015. Une partie des chômeurs exclus du chômage se sont tournés vers le RIS. Toujours selon l'institut, au début de la réforme, environ un tiers des chômeurs exclus ont bénéficié d'une intervention du CPAS. Les deux autres tiers restant se sont vus refusés le RIS, principalement parce que les revenus du ménage étaient trop élevés.


Liège compte le plus de bénéficiaires

Les villes semblent beaucoup plus touchées que les campagnes : plus de 50% des bénéficiaires du RIS habitent dans des grandes villes, qui n'accueillent pourtant que 25% de la population. Parmi les explications : difficulté d'accès au logement et prix des loyers, rapprochement des centres urbains des personnes en difficultés, multiplication des logements sociaux.

Proportionnellement, c'est Liège qui compte le plus d'habitants ayant touché au moins une fois le RIS l'an dernier. Ils étaient 11%, contre 4,3% à Mouscron ou 0,6% à Jurbise par exemple.

L'Institut pour le développement durable se montre plutôt pessimiste quant à l'avenir. "Les premiers chiffres de 2018 tendent à montrer que le nombre de bénéficiaires continue d'augmenter. Nous sommes rentrés dans une spirale de paupérisation et on peut craindre que ça ne s'arrête pas", explique son président. 

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