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Le témoignage fort d'Eddy qui a perdu sa femme dans les attentats à l'aéroport: "Je crois que la dignité est beaucoup plus importante que la colère"

Une semaine après les attentats de Bruxelles, le dernier bilan, toujours provisoire, fait état de 35 morts. Pour les proches des victimes disparues, il faudra encore beaucoup de temps pour accepter ce qui s'est passé. De la peine, mais pas forcément de haine ni de colère. C'est le cas d'Eddy Van Calster, dont la femme, Fabienne, a perdu la vie à l'aéroport. Nathanaël Pauly et Alain Hougardy l'ont rencontré ce mardi matin.

"Je relativise, je ressens son amour et ça, c’est très important. Avec tout ça en même temps, je peux dire que ça va". Eddy témoigne avec beaucoup de force, de courage et de dignité. Il a perdu son épouse Fabienne qui travaillait à l’enregistrement des bagages et venait de terminer son service de nuit quand les bombes ont explosé. "C’était très difficile, enfin c’était impossible, d’avoir une information fiable. On a eu toutes sortes d’informations, qu’elle était vivante, puis après peut-être plus, puis après elle était disparue. On a reçu un message de l’employeur (pour dire) qu’on ne la trouvait pas", explique-t-il.


"Ne pas savoir c’est très difficile parce qu’on ne peut pas faire un deuil sur deux choses en même temps"

Le plus difficile pour Eddy a été l’attente, trois jours et nuits sans savoir. "C’est très très très difficile. Ne pas savoir c’est très difficile parce qu’on ne peut pas faire un deuil sur deux choses en même temps. Si on vous dit ‘Bin, voilà, elle est décédée’, on peut commencer un deuil. Si on vous dit ‘Elle est handicapée, blessée’, on peut se faire une image ‘on fera comme ça, on va l’aider’. Mais on ne peut pas faire les deux en même temps."


Fabienne sentait qu'il y aurait des attentats à l'aéroport

La mort de son épouse lui a été confirmée vendredi. La veille des attentats, il parlait encore ensemble des mauvais pressentiments de Fabienne. Elle sentait que l’aéroport allait être visé par les terroristes. "Ça faisait déjà très longtemps qu’elle disait ça. Elle était très intuitive."


"On se trompe souvent, et eux se sont encore une fois trompés"

Une semaine après ces attentats, Eddy veut rester fort et aller de l’avant. À l’égard des terroristes, il ne ressent ni haine ni colère. "Je crois que la dignité est beaucoup plus importante que la colère. C’est du gâchis évidemment, c’est dommage évidemment, on est triste c’est sûr, mais l’être humain est ce qu’il est et dans toutes ces différentes interprétations de la vie, on se trompe souvent. Et eux se sont encore une fois trompés", conclut Eddy.

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