En ce moment
 
 

Le paiement des allocations de chômage accuse du retard: organismes et CPAS assaillis de demandes

Le paiement des allocations de chômage accuse du retard: organismes et CPAS assaillis de demandes
© Pexels de Pixabay
 
 

Vous êtes nombreux à nous avoir fait part, via le bouton orange Alertez-nous, de votre désarroi concernant les retards de paiement des allocations de chômage.

Les organismes de paiement sont débordés depuis le début de la crise. Il faut s'armer de patience pour joindre les syndicats ou la caisse auxiliaire : la Capac. A travers leurs témoignages, plusieurs personnes font état d'un retard de 2 à 3 mois quel que soit l'organisme de paiement. Au plus fort de la crise, la centrale téléphonique de la Capac recevait  45.000 appels par jour...

"La capacité téléphonique de la Capac reste encore problématique"

Raphaël en a fait l'amère expérience pendant des mois. Il reçoit des allocations de chômage temporaire depuis mars 2020, mais le versement est très aléatoire, dit-il. "Je peux recevoir une partie en début de mois et une autre partie en fin de mois, comme je peux recevoir la totalité le premier du mois", détaille l'homme qui travaillait dans l'informatique avant la crise.

Il a tenté de joindre la caisse auxiliaire, mais elle n'a pas répondu, rapporte-t-il. "J'ai l'impression qu'on se retrouve sur la même centrale qui ne décroche jamais". L'homme a donc envoyé un formulaire de demande de contact sur le site de la Capac. "Ils ont réussi à me rappeler un mois et demi plus tard", affirme Raphaël.

5000 à 8000 appels par jour

Pourtant, la situation  s’améliore. Aujourd'hui, les organismes reçoivent 5000 à 8000 appels par jour. C'est beaucoup moins qu'au plus fort de la crise mais ça reste conséquent.

"Les délais de paiements et de traitements de nos dossiers sont devenus beaucoup plus raisonnables pour la quasi totalité des dossiers. Mais il est clair qu'il reste encore quelques petits milliers de cas qui sont encore complexes (...) la capacité téléphonique de la Capac reste encore problématique", reconnait Jean-Marc Vandenbergh, administrateur général de la Capac.

Concernant les dossiers urgents, le patron conseille aux allocataires sociaux de se rendre physiquement aux guichets infos de la Capac. Jean-Marc Vandenbergh précise, qu'en principe, le paiement intervient en quelques jours. Mais "pour 10% des dossiers, il reste un traitement manuel et ce sont des dossiers complexes pour lesquels nous n'avons pas toujours les informations ou documents nécessaires", ajoute l'administrateur général de la Capac.

"Toutes les lignes sont occupées"

Du coté des syndicats, il y a aussi un engorgement des appels. Anthony a appelé la FGTB à de nombreuses reprises. "Toutes les lignes sont occupées. J'avais envoyé une vingtaine de mails mais aucun n'a reçu de réponse", raconte-t-il. Sans nouvelle depuis janvier, Anthony désespérait de recevoir ses allocations de chômage. Mais il est désormais soulagé. "Ce matin, en regardant mes comptes bancaires, j'ai remarqué que j'avais reçu les deux mois d'allocations en retard", se réjouit-il.

Les CPAS

De leurs côtés, les CPAS (centres publics d’action sociale) se retrouvent aussi assaillis de demandes car les allocations de chômage n’arrivent pas toujours à temps. "Les dossiers chômage mettent énormément de temps à se régulariser. Pour ne pas laisser la famille sans revenu pendant 1, 2 ou 3 mois, c'est à dire sans pouvoir payer son loyer, sans pouvoir faire face à ses charges et nourrir ses enfants, le temps que le dossier se régularise, on vient taper à la porte du CPAS pour obtenir un revenu d'intégration (...) il faut compter 20 nouvelles demandes par semaine, ce qui est énorme par rapport à avant covid, où on était à 11 ou 12 maximum", explique Michaël Schmitz, assistant social en chef du CPAS de Nivelles.

Les CPAS reçoivent aussi de nouveaux demandeurs d’aide, dont des étudiants sans ressources. Et la situation ne risque pas de s'arranger rapidement car la Fédération wallonne des CPAS s’attend à une augmentation du nombre de bénéficiaires du revenu d’intégration sociale de l’ordre de 15 à 30% entre 2020 et 2022. Si c'est 30%, la Wallonie compterait 97.500 bénéficiaires du revenu d’intégration sociale en 2022. On en est à 10% d'augmentation du nombre de dossiers actuellement.

A Bruxelles, le nombre de bénéficiaires d’aides sociales (de tous types) a augmenté de 9 % entre janvier 2020 et janvier 2021 et si on se concentre sur le revenu d’intégration sociale, l’augmentation est de 4,5 %.

Dans certains CPAS, en particulier dans les grandes villes, le nombre de dossiers traités par un seul assistant social peut dépasser la centaine. A Schaerbeek, qui a mené des actions de grève mardi pour protester contre la dégradation des conditions de travail des employés, certains assistants sociaux doivent gérer jusqu’à 250 dossiers.




 

Vos commentaires