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Coronavirus en Belgique: confinement prolongé au moins jusqu'au 19 avril, avec des perceptions immédiates d'amendes

Coronavirus en Belgique: confinement prolongé au moins jusqu'au 19 avril, avec des perceptions immédiates d'amendes
 
CORONAVIRUS

Le coronavirus en Belgique a entraîné une période de confinement qui ce vendredi 27 mars a été prolongée jusqu'au 19 avril, soit la fin des vacances de Pâques. Cette prolongation ne devrait pas s'accompagner de nouvelles mesures restrictives. Les mesures déjà en vigueur devraient être appliquées de manière plus stricte avec moins de tolérance de la part des autorités en cas d'infraction.

Le Conseil national de sécurité (CNS) s'est réuni ce vendredi après-midi dès 14h sous la présidence de la Première ministre, Sophie Wilmès. Au programme: prendre connaissance du rapport sur l'épidémie de coronavirus en Belgique des experts du "risk management group", évaluer les mesures déjà prises et décider d'un prolongement. L'information est tombée vers 18h: les mesures prises pour endiguer la propagation du coronavirus sont prolongées jusqu'au 19 avril avec une possibilité de renouvellement de deux semaines ensuite, a décidé le Conseil National de Sécurité.

"Nous avons pris une série de décisions qui s'appuient sur les recommandations des experts scientifiques et médicaux. Les scientifiques nous rapportent que certains indicateurs démontrent un ralentissement de la croissance exponentielle de l'épidémie. C'est une bonne nouvelle. Néanmoins, tous s'accordent à dire qu'il est beaucoup trop tôt pour affirmer avec certitude que l'épidémie est sous contrôle. Nos efforts ne font donc que commencer et si nous relâchons maintenant, les conséquences pourraient être dramatiques", a introduit la Première ministre avant d'annoncer la prolongation jusqu'au 19 avril avec un renouvellement possible de deux semaines supplémentaires.

Coronavirus en Belgique: perception immédiate d'amendes en cas d'infraction

"En cas de non-respect les sanctions sont et continueront d'être appliquées. Un système de perceptions immédiates des amendes sera mis en place. Nous ne sommes plus dans la prévention. Tout le monde doit joueur le jeu sérieusement", a précisé la Première ministre.

"Il y aura des perceptions immédiates", avait déjà dit le ministre-président wallon Elio Di Rupo avant la conférence de presse.

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Garde des enfants dans les écoles maintenue

"Pour les écoles, et particulièrement leur fonctionnement durant les vacances de Pâques, la règle reste la même: la garderie des enfants dans les écoles doit pouvoir être assurée durant la période de Pâques également. Si ça s'avère impossible, une autre forme de garderie peut être organisée: à savoir les enfants gardés ensemble jusqu'à présent doivent continuer à être pris en charge ensemble et ne pas être mélangés à d'autres enfants. Les enfants seront de préférence pris en charge par des personnes avec qui ils ont déjà eu des contacts", a informé la Première ministre.

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À l'entrée de la réunion cet après-midi, le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles avait poussé un coup de gueule contre les gens qui ne respectent pas les mesures de confinement.

AVANT L'ANNONCE DE LA PROLONGATION DU CONFINEMENT

Deux points risquent de faire débat entre les partis

Selon nos informations RTL INFO, la prolongation des mesures de confinement ferait l'unanimité entre les partis politiques. En revanche, deux sujets vont certainement susciter un débat entre les partis politiques:

  • Le renforcement des mesures: le CD&V veut par exemple limiter les sorties sportives à quelques kilomètres du domicile des citoyens. Tous les partis ne sont pas d'accord avec cette proposition. Quant aux activités industrielles, plusieurs partis veulent une liste plus stricte des activités industrielles autorisées. Ce sujet nécessitera un accord durant le conseil national de sécurité.
  • Le renforcement des sanctions en cas de non-respect du confinement.

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Depuis le 17 mars et une réunion précédente du CNS, les Belges sont soumis à des règles strictes de confinement. Les mesures étaient prévues au moins jusqu'au 5 avril. Il semble aujourd'hui plus que vraisemblable qu'elles soient prolongées. "Une chose est certaine, nous allons devoir poursuivre les mesures actuelles. Le nombre de personnes hospitalisées augmente et on est loin du pic. Nous devons tout faire pour éviter que les hôpitaux soient saturés. Pour combien de temps? On verra en fonction de ce que les experts vont nous dire", a expliqué le ministre-président wallon, Elio Di Rupo, au micro de la radio publique.

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L'un de ces experts, le virologue et porte-parole interfédéral pour la pandémie, Steven Van Gucht, a confirmé le scénario de la prolongation sur les ondes de Radio 1 (VRT). En choeur, les responsables politiques rappellent à la population l'importance de respecter les règles édictées pour juguler la propagation du covid-19. Il est possible que celles-ci soient clarifiées, éventuellement durcies, notamment à propos des loisirs et des déplacements et concentrations qu'ils entraînent.

Plusieurs activités sont évoquées, dont l'impact sanitaire peut varier suivant que l'on habite en ville ou à la campagne. M. Van Gucht n'est pas partisan d'une limitation de la durée ou de la distance que peuvent, par exemple, parcourir les joggueurs et les cyclistes. Ce qui compte, a-t-il fait remarquer, c'est le respect de la règle de distance sociale.

Interrogée jeudi à la Chambre, la Première ministre, Sophie Wilmès, a également indiqué qu'elle avait demandé aux partenaires sociaux de prendre langue avec le Centre de crise afin d'affiner la liste des secteurs d'activité essentiels où les règles sanitaires sont appliquées avec plus de souplesse. Le CNS réunit outre la Première ministre, les ministres compétents, les ministres-présidents des Régions et Communautés ainsi que les représentants des instances publiques en charge de la crise.

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Les fédérations des entreprises disent NON, les virologues disent OUI

Un durcissement des conditions de confinement est souhaité par le secteur médical, qui s'en tient, et c'est son métier, à limiter au maximum la propagation de la maladie. "Les mesures d'isolement qu'on recommande actuellement ne sont pas suffisantes pour arrêter la propagation du virus", estime le virologue Marc Wathelet. Il prône l'instauration d'un confinement total durant quatre semaines. "On n'a pas assez de ralentissement. Je pense qu'en Belgique, il faudrait supprimer toute activité économique qui n'est pas absolument essentielle".

Sans surprise, pour la Fédération des entreprises de Belgique, et pour l'Union wallonne des entreprises, limiter davantage l'activité économique n'est pas envisageable. La santé reste primordiale, mais en cas de nouvelles mesures plus contraignantes, on se dirige, selon elles, vers un bain de sang social.

"Pour autant qu'on ait mis en place le télétravail, et les règles d'hygiène et de distance sociale pour ceux qui ne peuvent pas télétravailler, nous recommandons de pouvoir continuer à travailler dans les secteurs non-essentiels. Sinon ce sera catastrophique pour la reprise", explique son administrateur délégué, Olivier de Wasseige, de l'Union wallonne.

Quels sont les secteurs essentiels actuellement ?

Rappelons que pour l'instant, les "secteurs essentiels" ont été définis de manière assez vague et large, et dans une certaine urgence (on le comprend) par le gouvernement. On y trouve entre autres: les zones de secours, les services de collectes des déchets, les écoles, les transports, les services de soins, d’aide médicale urgente, la poste, les pompes funèbres, les médias, la gestion de l’eau, et bien d’autres.

L'arrêté ministériel du 23 mars 2020 évoque également des possibilités de travailler sans règle de télétravail ni mesures strictes de distanciation sociale pour l’industrie chimique, alimentaire, textile (produits d’hygiène individuelle), les imprimeries de journaux quotidiens et magazines, le secteur de la construction (uniquement situations d’urgence), l’enseignement, le secteur des soins, de l’aide aux personnes handicapée, du nettoyage (dans les entreprises "cruciales" uniquement), les producteurs de papier toilette ou encore de machines agricoles, d’emballages en bois et de palettes.

Pour les syndicats, il y a des abus, et certaines entreprises en profitent pour ne pas faire attention aux mesures élémentaires d'hygiène.

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