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Eddy fait partie des Belges qui fuient les infos: "Je préfère couper que de m'énerver"

 
 

La crise COVID, la flambée des prix de l’énergie, la guerre en Ukraine… Des titres qui angoissent de plus en plus de personnes. Selon une enquête de la VUB, 63% des sondés affirment éviter de suivre les informations alors qu’en 2017 ils n’étaient que 48%. Quant à ceux qui ne les suivent plus du tout, on est passé de 2 à 9% en 5 ans. Quelles sont les raisons de cette fuite de l’actualité ? Que faire pour retrouver ces personnes ? Les informations, sont-elles trop déprimantes ? 

Eddy, un habitant de Péruwelz dans le Hainaut, est venu témoigner dans "C'est pas tous les jours dimanche." Il dit suivre moins l'actualité. "C'est horrible. Ce n'est que la guerre, la misère, les faillites, les ministres qui nous prennent pour des imbéciles. Un moment donné, je préfère couper que de m'énerver, me sentir mal. Je préfère faire une balade avec mon chien dans les bois." Eddy date son détournement de l'actualité vers janvier de cette année avec la crise énergétique. "Ça devient infernal. On ne sait pas où on va. On ne sait plus ce qu'on va faire, si on va pouvoir aller travailler, si on va savoir nourrir nos enfants, payer leur étude…", lâche-t-il. 

"On est surinformé"

Anne-Françoise Meulemans, médecin psychothérapeute, pointe du doigt la course à l'audience dans ce détournement du regard vers l'actualité : "C'est vrai que le monde tourne mal et que les événements sont déprimants. Aller bien dans un monde déprimant, ce serait questionnant aussi. Mais il y a l'interface médiatique entre les deux. Le fait d'avoir une information de manière répétée, fréquente, au moment des repas, du soupé, etc. Le fait d'avoir un mode qui doit faire de l'audience aussi. On est surinformés, un peu comme le fast-food de l'information qui fait qu'on a du mal à digérer (l'information)."  

Christopher Giltay, grand reporter chez RTL INFO, nuance: "Il faut être informé, il faut savoir ce qui arrive. Mais maintenant, on peut choisir son média. Je ne suis pas tout à fait d'accord avec l'idée qu'il faut faire du sensationnalisme pour faire de l'audience." Le journaliste a pris comme exemple le journal de 13h de TF1. Journal télévise qui fait le plus audience en France "alors que 80% de son journal est fait de sujets anecdotiques. Il y a aussi une approche psychologique de ce qu'on peut ressentir de l'information. Dans l'histoire de la presse, on a toujours constaté une augmentation de la vente de journaux, par exemple, en temps de guerre ou de crise grave. Les gens ont besoin d'informations."


 

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