En ce moment
 
 

Grand écran pour "Petit Vampire" de Joann Sfar

Grand écran pour
Joann Sfar en mai 2016 à ParisJOEL SAGET
 
 

Stakhanoviste du crayon désespéré que l'Europe ne produise pas plus de films "spectaculaires", Joann Sfar donne mercredi en salles toute son ampleur à l'une de ses séries phare, "Petit Vampire", exorcisant les peurs des enfants.

Les fidèles de la bande dessinée (sept albums auxquels s'ajoutent trois nouveaux liés au film, un roman jeunesse, un jeu de société !) ne seront pas dépaysés: ils retrouveront le petit vampire, sa famille et ses amis les monstres aussi destroy qu'attachants, dans cette aventure sur grand écran.

Les spectateurs s'attachent au destin de ce petit garçon pas comme les autres devenu un vampire pour l'éternité, avec sa mère, par la grâce d'un capitaine mi-sauveur, mi-geôlier.

Ce que "Petit Vampire" aimerait plus que tout, c'est aller à l'école pour y trouver un ami, un vrai, un enfant comme les autres. Mais sa quête va le conduire vers un grand danger, qui pourrait tout détruire, lui et sa famille.

Pour les salles obscures, le dessinateur niçois a vu grand: les décors de la Côte d'Azur sont somptueux et peuplés de gigantesques bateaux pirates volants, avec une narration mêlant merveilleux, imaginaire enfantin et vie quotidienne qui peut rappeler le maître de l'animation, Miyazaki.

Une référence revendiquée par l'auteur, qui a déjà adapté pour le cinéma son "Chat du Rabbin" et a cette fois demandé à ses animateurs 2D de s'inspirer également des vieux Disney.

Car l'ambition de Sfar dépasse "Petit Vampire". Atterré par la situation de l'industrie du cinéma, celui qui est également l'auteur du biopic "Gainsbourg (Vie Héroïque)" a lancé cette semaine un appel à "produire en Europe des œuvres spectaculaires, ambitieuses et visuelles", pour sauver le cinéma de la disparition des blockbusters américains.

"Nous avons aussi nos légendes et nos rêves", a-t-il affirmé dans un message sur les réseaux sociaux, aux côtés d'un croquis de Petit Vampire, avant d'appeler les cinéastes européens "à s'adresser au monde entier".

Lui-même s'y attelle déjà: il a fait naître "Petit Vampire" au sein d'une nouvelle structure, le studio "Magical Society", qui développe une dizaine de projets, liés au fantastique ou au surnaturel. L'ambition ? "Faire en France ce que peuvent faire un Tim Burton ou un Guillermo Del Toro dans d’autres territoires", résume Sfar.




 

Vos commentaires