Les satellites commencent à rattraper leur retard informatique

Les satellites commencent à rattraper leur retard informatique
Une réplique de l'engin spatial Orion de Lockheed Martin, le 12 mars 2019 à Austin (Texas)SUZANNE CORDEIRO
espace

Une fois qu'un satellite traditionnel est lancé, il reste en général peu ou pas modifiable, tant au niveau du matériel que des logiciels ou systèmes d'exploitation embarqués.

Mais tout comme des technologies sont développées actuellement pour réparer, modifier ou ravitailler en carburant des satellites en orbite afin de rallonger leur durée de vie, les constructeurs de satellites veulent installer des logiciels comparables à ce qu'on trouve dans les smartphones, avec une capacité informatique bien supérieure et la possibilité de les mettre à jour en quelques minutes, au lieu de jours ou semaines.

L'Américain Lockheed Martin a ainsi présenté à des journalistes mercredi, dans ses locaux de Crystal City près de Washington, sa technologie de "satellite intelligent", qu'il installera dans une mission de démonstration à bord de Cubesats (des mini-satellites) qui devrait être lancée d'ici six mois.

Le groupe fait le parallèle avec les smartphones, où il est simple d'ajouter des applications pour ajouter des fonctions.

"Les satellites qui existent actuellement sont durables, capables et précis, mais une fois qu'ils sont lancés, ils ne changent pas beaucoup", a expliqué Maria Demaree, de Lockheed Martin Space. "Nous voulons que les satellites du futur opèrent davantage comme des smartphones".

Au niveau matériel, au lieu d'un seul coeur de processeurs comme aujourd'hui, ils en auront plusieurs. Avec cette puissance informatique démultipliée, le satellite pourra commencer à traiter les données en orbite voire même de façon autonome (intelligence artificielle), alors que le traitement est aujourd'hui réalisé sur Terre. Cela économisera en particulier de la bande passante vers le sol.

Par exemple, selon le groupe, un satellite de communications pourrait être reprogrammé plus facilement pour servir l'Europe de l'Est au lieu de l'Europe de l'Ouest, selon les besoins commerciaux de l'opérateur.

L'armée américaine devrait également être fortement intéressée mais Lockheed n'a pas encore confirmé de client.

Pourquoi cette petite révolution n'est-elle pas intervenue auparavant?

Dans l'espace, tout est plus compliqué en raison de l'environnement extrême.

"Le matériel informatique est très susceptible de s'endommager ou tout simplement de griller", explique Adam Johnson, chef de projet chez Lockheed. "Le matériel ne rattrape que maintenant les capacités qu'on a au sol, de façon à résister aux radiations".

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