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Brexit: Le Maire exclut les services financiers d'un accord de libre-échange

Brexit: Le Maire exclut les services financiers d'un accord de libre-échange
Le ministre français de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, à Londres le 6 mars 2018NIKLAS HALLE'N

Le ministre français de l'Economie, Bruno Le Maire, a exclu mardi que les services financiers soient intégrés dans un accord de libre-échange à négocier entre Londres et Bruxelles et promis "des milliers" d'emplois à la France avec le Brexit.

"Les services financiers ne peuvent être inclus dans un accord de libre-change pour de nombreuses raisons, liées à la stabilité et aux questions de supervision car les services financiers répondent à des règles très spécifiques", a expliqué M. Le Maire sur la BBC à l'occasion d'un déplacement dans la capitale britannique.

Il s'agissait d'une réponse directe au discours de la Première ministre britannique, Theresa May, qui a souhaité vendredi que les échanges de services entre le Royaume-Uni et l'UE soient inclus dans un "accord plus large" que les accords de libre-échange existant et habituellement limités aux échanges de biens.

Mme May a toutefois reconnu dans le même temps que les banques de son pays ne pourraient plus bénéficier du système du passeport financier qui leur permet de vendre leurs services dans toute l'Union européenne depuis le Royaume-Uni.

Le ministre de l'Economie et des Finances français, qui a rencontré son homologue britannique, Philip Hammond, à la mi-journée, a mis en avant sur la BBC "un système alternatif, appelé les régimes d'équivalences" - des exemptions conférées par la Commission européennes pour permettre à des entreprises financières de pays non membres de l'UE de commercer au sein de l'union depuis leur propre pays.

Les milieux d'affaires britanniques mettent en avant pour leur part que ces équivalences sont strictement encadrées et révocables.

Mais lors d'un point presse dans l'après-midi à la Résidence de France, M. Le Maire a aussi souligné que la perte du passeport financier constituait "un +game changer+ dans la situation des grandes banques qui sont installées à Londres aujourd'hui".

"Ca va en inciter certaines à se dire +si on n'a plus le passeport financier, c'est-à-dire la possibilité de travailler directement en Europe sans autorisation préalable, peut-être qu'il est plus simple d'aller s'installer directement à Paris par exemple pour exercer notre activité", a-t-il espéré.

- Course aux emplois -

Au final, M. Le Maire a jugé que "les emplois bancaires qui vont revenir en France se chiffrent en milliers", même si "c'est un mouvement qui va se faire progressivement et pas du jour au lendemain".

Lors d'une visite à Londres en novembre, la présidente du conseil régional d'Ile-de-France, Valérie Pécresse, avait assuré que 2.500 emplois financiers étaient déjà promis pour sa région en provenance du Royaume-Uni.

"Il est logique que la France fasse revenir des emplois en France", a encore dit M. Le Maire. Nombre de travailleurs français, notamment dans le secteur financier mais aussi au-delà, se sont installés à Londres et plus largement au Royaume-Uni depuis les années 1990 pour profiter des possibilités d'emplois et de rémunération sur place.

Au-delà des Français, Paris espère convaincre de grandes banques internationales présentes à Londres de déplacer une partie de leurs activités vers la capitale française, mettant en avant un climat plus favorable aux entreprises depuis l'arrivée à l'Elysée d'Emmanuel Macron.

"Ce seront aux banques de décider" si elles veulent quitter Londres pour Paris, a observé le ministre, ajoutant simplement que "le temps est révolu où la France disait que la finance est l'ennemi".

Dans la course aux emplois déplacés en raison du Brexit, la place financière allemande Francfort semble néanmoins faire la course en tête, Amsterdam, Dublin et Luxembourg ayant aussi reçu quelques promesses.

La plupart des banques et sociétés financières attendent toutefois de connaître les détails sur les conditions de la sortie britannique avant d'éventuellement concrétiser leurs plans de déplacements d'une partie de leur activité hors du Royaume-Uni.

Du coté des autorités britanniques, Philip Hammond doit fournir dans la semaine des détails sur le type d'accord que Londres voudrait conclure avec Bruxelles à propos des services financiers.

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