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Chine: procès de l'ex-patron de l'assureur Anbang, mis sous tutelle étatique

Chine: procès de l'ex-patron de l'assureur Anbang, mis sous tutelle étatique
Le siège de l'assureur Anbang à Pékin, le 4 août 2017 Le groupe a été placé sous tutelle étatique en raison de "pratiques commerciales illégales" selon l'autorité nationale de régulation des assurancGREG BAKER
Chine

Un tribunal shanghaïen a ouvert mercredi le procès pour "crimes économiques" de l'ex-patron d'Anbang, troisième assureur chinois, passé le mois dernier sous contrôle de l'Etat à l'heure où Pékin resserre l'étau sur ses conglomérats privés lourdement endettés.

Wu Xiaohui, ancien président d'Anbang, comparaissait dans la matinée devant la Cour intermédiaire numéro 1 de Shanghai, a annoncé le tribunal sur son compte officiel de microblogs.

L'autorité nationale de régulation des assurances avait donné un coup de semonce le 23 février en annonçant qu'elle plaçait Anbang sous sa tutelle en raison de "pratiques commerciales illégales" ayant "gravement mis en péril la solvabilité" du conglomérat.

Dans le même temps, le régulateur précisait que Wu Xiaohui, qui avait démissionné de ses fonctions en juin 2017, était poursuivi pour "crimes économiques", notamment des levées de fonds frauduleuses.

Le tribunal ne précisait pas mercredi la durée attendue du procès, mais les procédures visant de hauts responsables économiques ou politiques sont habituellement conclues de façon rapide.

La disgrâce de Wu Xiaohui avait surpris: le charismatique fondateur d'Anbang était considéré comme bien connecté politiquement, ayant épousé une petite-fille de l'ancien dirigeant Deng Xiaoping, artisan des réformes économiques chinoises à la fin des années 1970.

Membre de "l'aristocratie rouge", M. Wu était également en lien avec l'entreprise de Jared Kushner, gendre et conseiller du président américain Donald Trump, sur un projet de rénovation d'une tour de Manhattan, qui avait finalement tourné court l'an dernier.

Fondé en 2004, Anbang est passé en quelques années du statut de simple assureur spécialisé dans l'immobilier et l'automobile à celui de géant financier international.

Conglomérat privé tentaculaire, il est devenu emblématique de la frénésie chinoise d'acquisitions tous azimuts à l'étranger.

Outre le mythique palace new-yorkais Waldorf, racheté pour la somme record de 1,95 milliard de dollars en 2014, Anbang s'est emparé des assureurs sud-coréen Tong Yang Life, du néerlandais Vivat ou encore du belge Fidea NV.

Mais Anbang, tout comme Wanda (immobilier, divertissement) et HNA (aéronautique, logistique), s'est finalement attiré les foudres des autorités, qui s'attaquent depuis plus d'un an aux "investissements irrationnels" des conglomérats privés chinois à l'étranger.

Les autorités s'alarment notamment du poids de ces mastodontes, de l'opacité de leurs structures, et surtout de leur colossal endettement, à l'heure où Pékin veut endiguer l'envolée du crédit et des risques financiers.

La prise de contrôle d'Anbang, d'une durée initiale d'un an éventuellement reconduite une fois, ne s'accompagne pas d'une nationalisation du capital, l'assureur devant continuer à fonctionner comme un groupe privé, avait assuré le régulateur.

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