Fusillades: des signes avant-coureurs existent, selon le FBI

Fusillades: des signes avant-coureurs existent, selon le FBI
Nikolas Cruz (C) qui en février a fait 17 morts par balles dans son ancien lycée de Parkland, devant la cour du comté de Broward à Fort Lauderdale en FlorideSusan STOCKER-SUN SENTINEL

Il existe des signes avant-coureurs qui peuvent permettre d'identifier et de stopper l'auteur d'une fusillade avant qu'il ne passe à l'acte, estime la police fédérale américaine dans un rapport qui dresse un portrait robot des meurtriers.

Ce sont en majorité des hommes blancs, souffrant de stress et s'estimant victimes d'injustice qui s'en prennent à des cibles identifiées dans un environnement familier, indique le FBI dans une étude rendue publique mercredi.

Elle porte sur 63 fusillades commises par arme à feu ayant fait au moins une victime entre 2000 et 2013 et pour lesquels les enquêteurs de l'unité comportementale du FBI ont pu déterminer "le comportement des tireurs" avant l'attaque.

Elle défait aussi quelques idées reçues sur l'isolement dont souffriraient les meurtriers ou la maladie mentale, souvent prise comme la raison d'un passage à l'acte.

Selon le FBI, les trois-quarts des meurtriers étudiés ne souffraient d'aucune maladie mentale diagnostiquée. "Les déclarations selon lesquelles tous les tireurs doivent juste être des malades mentaux prêtent à confusion et ne sont d'aucune aide", souligne le FBI.

Après la fusillade au lycée de Parkland en Floride (17 morts le 14 février), des responsables politiques, dont le président Donald Trump, et le lobby des armes avaient insisté sur les problèmes psychologiques du tireur, un ancien élève, qui avait été signalé à la police pour un comportement à problèmes.

Les assaillants souffrent toutefois de "facteurs de stress multiples" comme des problèmes d'argent ou conjugaux, des différends personnels ou professionnels. Ils se manifestent par des "comportements inquiétants" exprimés par la dépression, la paranoïa, les comportements violents, les menaces directes ou indirectes sur des victimes identifiées, un déficit de communication ou des absences au travail.

Dans les 63 cas, ce comportement a été détecté par au moins un proche du tireur, mais moins de la moitié l'a signalé aux forces de l'ordre (41%) alors que "ces comportements inquiétants observables peuvent être des occasions importantes pour détecter et déjouer une attaque", souligne le FBI.

"Les personnes en contact avec (ces comportements) sur le lieu de travail peuvent avoir un aperçu unique de la menace", souligne la police fédérale qui se dit toutefois consciente qu'"avec le recul, certains faits ont pu avoir une grande signification qui n'était pas claire à l'époque".

Cette étude n'est pas une liste destinée à détecter les signes d'un futur passage à l'acte, prévient le FBI, mais elle "vise à une prise de conscience parmi le public".

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