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G7 à Biarritz: un Pays basque "apaisé" après la lutte armée

G7 à Biarritz: un Pays basque
La situation politique au Pays basque est "clairement apaisée" depuis que l'ETA a renoncé à la violence armée en 2011, explique Jean-Pierre Massias, professeur agrégé de droit publicIROZ GAIZKA
histoire

A l'heure où les sept pays les plus riches du monde se réunissent à Biarritz (24 au 26 août), l'époque de la lutte armée indépendantiste d'ETA n'est plus qu'un souvenir au Pays basque et le travail de mémoire est en cours.

La situation politique est "clairement apaisée" depuis que l'organisation Euskadi ta Askatasuna (ETA, "Pays basque et liberté") a renoncé à la violence armée en 2011, explique à l'AFP Jean-Pierre Massias, professeur agrégé de droit public à l'Université de Pau et des pays de l'Adour et expert de "la question basque".

Créée en 1959, sous le franquisme, ETA a principalement visé l'Etat espagnol et ses symboles, par des assassinats ou des attentats à la voiture piégée, avant d'annoncer il y a huit ans qu'elle y renonçait, affaiblie par les arrestations de ses membres. Elle a remis son arsenal en 2017, puis annoncé sa dissolution l'an dernier.

L'organisation qui voulait l'indépendance du Pays basque, vaste zone des deux côtés des Pyrénées français et espagnol, a tué 829 personnes, 343 civils et 486 policiers et militaires. Par ailleurs, au moins 62 de ses militants ont été tués par des groupes paramilitaires clandestins, les "Groupes antiterroristes de libération" (GAL), dirigés par des hauts fonctionnaires espagnols mais essentiellement actifs sur le territoire français.

"La lutte armée est aujourd'hui terminée, mais cette pacification s’est opérée dans le cadre d'un processus unilatéral, organisé par ETA et la société civile, mais inachevé car les gouvernements (français et espagnol) n'y sont jamais entrés", analyse M. Massias, spécialiste des processus de pacification et de transition démocratique.

Début juillet à Hendaye (Pyrénées-Atlantiques), le ministre espagnol de l’Intérieur Fernando Grande-Marlaska affirmait d'ailleurs que c'est uniquement à "l'état de droit" que l'on devait "la déroute de l'organisation terroriste ETA".

Si la question de la violence semble enterrée, il reste celles -épineuses- des prisonniers (40 en France, plus de 200 en Espagne) et de la mémoire.

Le rapprochement des détenus et la libération des plus anciens prisonniers et des malades sont devenus les principales revendications des partisans de la cause basque.

Pour Emmanuel Macron, "le travail de réparation des mémoires (doit) se poursuivre". "Il faut permettre aux anciens combattants repentis de purger leur peine quand ils ont commis le pire ou de reprendre une vie normale, mais il faut savoir aussi entendre les familles des victimes, les respecter dans leur douleur et réparer celle-ci. Il n'y aura pas de vrai processus de paix sans cela", a affirmé le président français en mai à Biarritz.

Selon Jean-Pierre Massias, on est maintenant dans une "guerre des mémoires": "Le conflit, la violence et la paix s'inscrivent dans des stratégies politiques: est-ce que la violence au Pays basque a été politique ou juste crapuleuse?".

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